Les parents d’élèves de lycée en France sont partagés entre le soutien à l’engagement de leurs enfants dans les manifestations en cours et l’inquiétude quant à leur sécurité et aux conséquences possibles. Jade, une lycéenne de 15 ans, et ses amis préparent des banderoles pour des rassemblements prévus devant leur établissement à Belleville-en-Beaujolais (Rhône). Sa mère, Séverine, soutient les actions de sa fille tout en s’interrogeant sur les risques encourus. Elle estime que les revendications de sa fille sont justifiées et affirme qu’elle l’accompagnerait si nécessaire pour veiller sur elle. L’école, de son côté, ne semble pas empêcher les élèves de participer, mais veille à ce qu’ils soient encadrés. Les protestations portent notamment sur le manque de moyens humains et financiers dans les établissements, la pression liée à la plateforme Parcoursup pour l’enseignement supérieur, la pénurie d’enseignants, la dégradation des bâtiments scolaires et la surcharge des emplois du temps. Cependant, le mouvement s’accompagne aussi de violences et de dégâts matériels importants. Selon une source judiciaire citée par BFMTV, plus de 5 000 personnes ont été interpellées, dont 87 % de mineurs. Les cours ont été suspendus dans 400 à 500 écoles pour des raisons de sécurité, et 24 établissements ont été incendiés ou vandalisés au cours de la semaine écoulée, d’après le ministère. Beaucoup de parents craignent que leurs enfants ne soient exposés à des casseurs, aux forces de l’ordre ou à des situations violentes. Quatre-vingt-dix élèves ont été blessés depuis le début des manifestations. Séverine a donné à sa fille des consignes précises : éviter les casseurs, ne pas s’approcher des policiers et se réfugier dans un bâtiment proche si nécessaire. Elle exprime une méfiance envers la police, évoquant des incidents où des élèves ont été blessés ou maîtrisés. Depuis le début des protestations, dix enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, l’autorité indépendante chargée de contrôler les forces de l’ordre, pour des allégations de violences policières. Alban, un père de Magnanville (Yvelines), décrit l’angoisse de son fils, Corentin, coincé dans son lycée après que des manifestants ont tiré des mortiers sur les vitres et détruit la clôture d’entrée. Corentin n’a pas pu joindre son père en raison de l’interdiction d’utiliser les téléphones portables. Alban s’inquiète pour la sécurité de son fils et lui conseille de rester à l’écart des manifestations, évoquant la présence de casseurs et les risques de violence. Céline, une mère de l’Isère, autorise son fils, Matteo, à participer aux rassemblements, mais l’avertit des risques juridiques ou d’une association avec des casseurs. Elle estime que la violence engendre la violence et critique certains parents pour leur manque de fermeté. Elle reconnaît les préoccupations des élèves concernant l’état des bâtiments scolaires, mais s’interroge sur leurs emplois du temps, estimant qu’ils bénéficient de trop de temps libre et ne sont pas préparés à la vie adulte. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a indiqué que les parents pourraient être tenus responsables des dégâts causés par leurs enfants. Le préfet des Hauts-de-Seine a convoqué des parents impliqués dans des incidents violents lors des blocages. Une lettre de la préfecture a dénoncé des « violences inacceptables » ayant blessé des élèves, des personnels et des policiers, ainsi que endommagé des établissements scolaires. Un large mouvement intersyndical dans le secteur de l’éducation a appelé à participer aux manifestations, ce qui pourrait amplifier la mobilisation.