L’évolution du rôle des plateformes numériques a transformé l’attention en une ressource monnayable, suscitant des inquiétudes quant à sa place limitée dans les écoles. Face à ce constat, Yves Citton, enseignant-chercheur en littérature et médias, propose une approche éducative différente : plutôt que de recourir à des mesures strictes comme l’interdiction des smartphones, il mise sur l’éveil de la curiosité. Dans son ouvrage Cultiver la curiosité, il explore l’histoire et la signification de cette notion, retraçant son évolution depuis les mythes antiques jusqu’aux critiques contemporaines.
La curiosité n’a pas toujours été perçue de manière positive. Des figures religieuses, comme saint Augustin, ont longtemps considéré le « désir de savoir » comme un péché. Pourtant, des tournants majeurs, tels que la révolution scientifique ou l’émergence du free jazz, ont marqué un virage vers une pensée plus ouverte et exploratoire. Aujourd’hui, l’essor des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle pose de nouveaux défis, les algorithmes risquant de créer des bulles informationnelles qui réduisent la curiosité à une consommation passive. Philippe Meirieu met en garde : l’IA pourrait « combler le désir de savoir et tuer le désir d’apprendre ».
Pour redonner sa place à la curiosité dans l’éducation, Citton suggère de repenser les interactions entre enseignants et élèves en classe. Il plaide pour des cours centrés davantage sur les questions des élèves que sur des programmes figés. Les enseignants sont encouragés à incarner cette curiosité en explorant le savoir ensemble, plutôt que de se contenter de transmettre des faits. Les leçons devraient aborder des sujets complexes et incertains, tout en reliant les apprentissages au quotidien des élèves.
Citton défend également une pédagogie participative, où les élèves contribuent à définir ce qui est évalué et sont valorisés pour leurs prises de risque intellectuelles, bien au-delà de la simple mémorisation. Il critique les évaluations standardisées, souvent axées sur la compétition, et prône le remplacement de ces méthodes par des environnements d’apprentissage collaboratifs. Il souligne aussi l’importance des humanités et de l’interdisciplinarité, invitant les élèves à interroger de manière critique les origines des objets et technologies du quotidien.
Ce changement s’impose d’autant plus que l’éducation doit dépasser les règles strictes, comme le Cadre pour l’usage de l’IA dans l’éducation, pour construire activement une « culture de la curiosité ». Cela implique des décisions à la fois politiques et pédagogiques, plaçant la curiosité au cœur de l’apprentissage et encourageant les élèves à poser des questions et à chercher le savoir de manière plus significative.
Cultiver la curiosité dans l'éducation face aux défis numériques
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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