Le Pont du Gard, un aqueduc romain, a été transformé en route au XIVe siècle, provoquant des dégâts structurels encore visibles aujourd'hui.
Fonction d'origine de l'aqueduc
Le Pont du Gard, un aqueduc romain haut de 49 mètres et long de 275 mètres, a été construit à l'origine pour acheminer l'eau, et non pour servir de route. Il faisait partie d'un réseau plus vaste qui amenait l'eau depuis les montagnes jusqu'à la ville de Nîmes.Aménagement pour la circulation routière
Au XIVe siècle, un passage destiné aux charrettes et aux animaux a été aménagé à un niveau intermédiaire de l'ouvrage, accompagné de rampes d'accès. Les piles du deuxième niveau ont été entaillées plus profondément du côté ouest, une modification qui a pu fragiliser la structure.Impact du commerce local
Cette transformation est liée à l'augmentation du trafic généré par la foire de Beaucaire, un grand événement commercial de la région. Cette foire a sans doute contribué au besoin d'un passage routier, malgré le risque pour la stabilité de l'aqueduc.Mentions historiques du pont
La première mention du pont, appelé « Pons de Gartio », remonte à 1295, dans un document accordant un péage par le roi Philippe le Bel au seigneur d'Uzès. Cela indique que le pont était déjà utilisé à cette époque, vraisemblablement pour le passage et non pour sa fonction d'origine d'aqueduc.Prélèvement et réemploi des pierres
Vers le XIIe siècle, les douze premières arches du troisième niveau ont été démontées et leurs pierres utilisées pour bâtir des églises et d'autres constructions des environs, faisant du pont une carrière de pierres déjà taillées.Travaux de restauration
Des travaux de restauration ont été menés entre 1696 et 1702, sous la direction des architectes Daviler et de Laurens, pour réparer les dégâts causés par le passage des charrettes et le creusement des piles. Selon un article du site belge DH.be, les entailles ont été en partie comblées dès 1702, ce qui suggère que certains dégâts restaient visibles.Risques de la restauration
Une étude de l'Académie Pont du Gard souligne que cette intervention a été réalisée « au risque de causer de graves dommages », et que la structure aurait pu s'effondrer. Cette inquiétude illustre l'équilibre délicat entre la préservation de l'aqueduc et son utilisation comme voie de circulation.Construction d'un nouveau pont
Entre 1743 et 1747, un pont routier distinct a été construit à côté de l'aqueduc sous la direction de l'ingénieur Henri Pitot, alors que les États de Languedoc cherchaient à assurer une traversée sûre du Gardon. Le site officiel du Pont du Gard indique la période de construction 1743-1747.Détails du nouveau pont
La base de données Structurae mentionne les années 1743-1745 et note l'élargissement des arches inférieures. Le site officiel ne détaille pas ce que Pitot a fait aux piles romaines elles-mêmes, ce qui laisse certains aspects de la construction dans l'ombre.Usage actuel et intérêt des visiteurs
Aujourd'hui, les visiteurs empruntent le pont du XVIIIe siècle plutôt que la route médiévale aménagée au deuxième niveau de l'aqueduc. L'histoire du Pont du Gard reflète des usages successifs : aqueduc, carrière, route à péage et monument historique.Héritage et points d'intérêt
Chaque époque a prélevé quelque chose sur la structure avant que la suivante ne tente de la réparer. Le site officiel indique que l'entaille dans la pile du côté ouest constitue un point d'intérêt pour les visiteurs, qui vaut la peine d'être observée depuis le deuxième niveau.