La France prévoit de développer des missiles balistiques terrestres d'une portée de 2 500 km d'ici 2030, afin de renforcer ses capacités de frappe stratégique en profondeur.
La France étudie des missiles terrestres
La France a confirmé son intention de lancer dès 2026 des études en vue de la mise au point de missiles balistiques conventionnels terrestres d'une portée allant jusqu'à 2 500 km. Ces missiles doivent contribuer aux capacités de frappe en profondeur, avec une capacité opérationnelle initiale attendue en 2030-2031. L'objectif est de renforcer les options militaires stratégiques, sans viser directement les forces adverses sur le champ de bataille.Collaboration interarmées
Cette initiative est présentée comme un effort interarmées, c'est-à-dire impliquant une coordination entre les différentes composantes des armées. Le général Pierre Schill, qui a auparavant dirigé l'armée de Terre, a souligné que le programme ne se limiterait pas à une seule armée, mais intégrerait plusieurs domaines militaires. Toutefois, la composante chargée de mettre en œuvre ces missiles n'a pas encore été désignée.Équilibre stratégique et conventionnel
Le général Jacques de Montgros, actuel chef d'état-major de l'armée de Terre, a mis en avant le besoin croissant de forces conventionnelles capables d'agir en deçà du seuil nucléaire. Selon lui, maintenir une dissuasion crédible exige à la fois des capacités militaires nucléaires et conventionnelles. Cette position rejoint les déclarations de son prédécesseur, ce qui témoigne d'une vision stratégique constante.L'armée de l'air privilégie la mobilité
Le général Jérôme Bellanger, chef d'état-major de l'armée de l'Air et de l'Espace, s'est prononcé en faveur de missiles tirés depuis les airs plutôt que de systèmes terrestres. Il fait valoir que les missiles aéroportés offrent une plus grande mobilité et une meilleure souplesse que les missiles terrestres, qui sont plus statiques. Cette position n'a pas changé, malgré l'absence actuelle de financement pour le développement de missiles tirés depuis les airs.L'armée de Terre en première ligne
L'avis budgétaire de la députée Anna Pic laisse penser que l'armée de Terre sera probablement chargée de conduire le développement de cette capacité. La loi de programmation militaire actualisée prévoit le lancement d'études en 2026, une étude d'évaluation des risques devant être remise à ArianeGroup à l'automne 2026. Le déploiement opérationnel des missiles est attendu à partir de 2028, dans le but d'améliorer la capacité de l'armée de Terre à mener des frappes en profondeur dans des environnements de combat complexes.