Une pétition réclamant l’affichage obligatoire du Nutri-Score sur les emballages alimentaires a dépassé les 100 000 signatures, un cap symbolique pour la mobilisation. Lancée le 20 novembre 2025, la pétition a été déposée à l’Assemblée nationale, qui l’a publiée sur son site pour en accroître la visibilité. Selon certaines sources, le seuil a été franchi vendredi 25 septembre, tandis que d’autres évoquent samedi 26 septembre, vers 16 heures, avec plus de 101 500 signataires. Serge Hercberg, professeur émérite de nutrition à Sorbonne Université et co-créateur du Nutri-Score, s’est félicité de cet engagement citoyen, qualifiant cette étape de « pas important ». Lui et les autres organisateurs comptent poursuivre la collecte pour atteindre, voire dépasser, les 150 000 signatures. Le Nutri-Score est un système d’étiquetage classant les produits alimentaires de « A » – les plus sains – à « E » – les moins recommandables. Bien que certaines entreprises l’utilisent volontairement, des géants comme Lactalis, Coca-Cola, Mars, Ferrero ou encore Mondelez refusent de l’apposer sur leurs emballages. Selon l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali), la part des produits affichant le Nutri-Score a légèrement reculé, passant de 64 % à 63 % entre 2024 et 2025. Ce recul s’explique notamment par le retrait du logo par des marques nationales comme Kellogg’s, qui l’a supprimé de certains produits après une mise à jour en mars 2025. Celle-ci avait facilité l’identification des aliments riches en fibres, tout en attribuant des notes plus sévères aux produits sucrés ou salés. En novembre 2025, lors de la première lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, les députés ont adopté, à main levée, un amendement rendant le Nutri-Score obligatoire. Les entreprises qui auraient refusé d’apposer le logo auraient été soumises à une taxe de 5 % sur leur chiffre d’affaires, les fonds étant reversés à la Caisse nationale d’assurance maladie. Cependant, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est opposée à cette mesure, invoquant un risque de violation du droit européen et de sanctions. Le Sénat a également rejeté la proposition, et en décembre 2025, les députés l’ont finalement rejetée de justesse, par 120 voix contre 117. Malgré cet échec, le succès de la pétition relance le débat sur le rôle de l’étiquetage nutritionnel dans la santé publique. Ses défenseurs estiment qu’un affichage obligatoire permettrait aux consommateurs de faire des choix plus sains, tandis que ses détracteurs s’inquiètent des répercussions économiques sur les industriels. Ce clivage illustre les tensions persistantes entre protection des consommateurs et intérêts des acteurs du secteur agroalimentaire dans l’élaboration des politiques alimentaires.