Puccini’s Manon est actuellement à l’affiche à Madrid, dans une mise en scène de Carlos Wagner. Cette production transpose l’histoire dans les années 1950, bien que certaines anachronismes aient été relevés, comme des références à la déportation de prostituées vers la Louisiane, une pratique déjà abandonnée à cette époque. Le décor du premier acte inclut un manège où Manon arrive et s’enfuit temporairement sur un cheval en bois, symbolisant sa jeunesse insouciante. Au deuxième acte, le manège est remplacé par des colonnes de palais garnies d’ampoules, servant de toile de fond à un cours de pole dance où Manon est accompagnée de deux danseuses en sous-vêtements blancs, redingotes et haut-de-forme.
Au troisième acte, le décor se transforme en une cage où le criminel est enfermé, et dans le dernier acte, une plateforme tournante surmontée d’un trou noir descend lentement sur la femme mourante. Certains ont critiqué le réemploi du sol lisse et collant du Havre dans le dernier acte, remettant en cause la crédibilité d’y mourir de soif. La direction des acteurs est qualifiée de soignée, avec des scènes dramatiques bien répétées. La production inclut des scènes où Manon domine en chevauchant et fouettant Géronte, et où Des Grieux la menace avec un fouet lors de leurs retrouvailles, ajoutant à l’excès des personnages de manière pertinente.
La décision de montrer des prostituées alignées et se déshabillant avant leur embarquement est saluée, bien que la raison pour laquelle elles errent dans le désert avec les deux amants reste moins claire. Le fait que Des Grieux s’adresse à chacune comme si c’était Manon tandis qu’elles meurent les unes après les autres détourne l’attention de la véritable Manon et dilue l’isolement étouffant de la fin. Le succès de la production repose aussi sur la qualité de l’orchestre, dont la direction par Nicolas Luisotti révèle les qualités et la précision, notamment dans l’excitation accompagnant l’arrivée de la police et dans un superb intermezzo. La prestation de la chorale est décrite comme vive et soignée.
Côté voix, le timbre d’Alejandro del Cerro est usé, et son air d’Edmond n’est pas exempt de difficultés, bien que son italien soit excellent et sa performance convaincante. Mercedes Gancedo séduit par sa douceur androgyne et son beau portamento vocal dans le rôle de la Musicienne. Lucas Meachem, en Lescaut, offre une interprétation irrégulière, avec des difficultés dans la scène finale. Pietro Spagnoli, en Géronte, se distingue par une phraséologie souveraine et un style impeccable. Michael Fabiano, en Chevalier, est vif et sans retenue, mais manque de nuances, ce qui fait sombrer l’amant dans le pleurnichage. L’interprétation de Manon par Sondra Radvanovsky est questionnée pour son manque de jeunesse, sa coquetterie et ses sauts dans le premier acte, qui contrastent avec une voix épaisse sujette à un vibrato envahissant. Elle est en revanche plus à l’aise dans le rôle de la femme vaincue et désespérée des actes suivants, avec une prestation dans « In quelle trine morbide » époustouflante grâce à ses notes aiguës monumentales et son tempérament dramatique. Sa diction reste mâchée, et le médium aigu n’est pas exempt de couacs, mais peu peuvent alterner avec autant d’à-propos et de contraste entre les deux « Non m’ami più », l’un torrentiel, l’autre étouffé. Dans « Sola, perduta, abbandonata », elle est bouleversante, la violence des mots s’incarnant directement dans son matériau vocal.
Manon de Puccini à Madrid : un décor controversé et des performances remarquables
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
puccinimanonmadridoperastaging1950s



