Le Teatro Real ouvre sa saison avec Manon Lescaut
Le Teatro Real de Madrid a inauguré sa saison lyrique avec une nouvelle production de Manon Lescaut de Giacomo Puccini, mise en scène par Carlos Wagner. Il s'agit de la première fois depuis 102 ans que l'opéra est donné dans ce théâtre, et la production se déroule dans les années 1960, ce qui entraîne quelques anachronismes, notamment des allusions à la déportation en Louisiane, une politique qui n'existe plus aujourd'hui.Une scénographie aux tableaux distincts
La scénographie, conçue par Frank Philipp Schlössmann, comprend quatre décors bien distincts. Le premier acte se déroule dans une fête foraine avec un carrousel de chevaux de bois, le deuxième dans un appartement luxueux, le troisième dans une cage métallique qui sert de prison, et le quatrième dans un espace désertique dominé par un gigantesque trou noir, pour un décor visuellement frappant mais parfois déroutant.Distribution : points forts et difficultés
La soprano Sondra Radvanovsky, qui interprète le rôle-titre, était la grande attraction, saluée pour la puissance de sa voix et son intensité émotionnelle. Elle a toutefois eu du mal à faire ressortir l'innocence et la jeunesse de Manon dans les premiers actes. Le chef d'orchestre Nicola Luisotti a dirigé l'orchestre depuis la fosse, et la distribution vocale a été jugée inégale, certaines interprétations étant saluées pour leurs qualités et d'autres pour leurs faiblesses.Critiques et interprétations remarquées
Le ténor Michael Fabiano a été critiqué pour son interprétation de Des Grieux, en particulier dans son premier air, « Donna non vidi mai », jugé dépourvu d'élégance. Lucas Meachem a incarné Lescaut comme un personnage brutal et manipulateur, doté d'une voix puissante mais d'un phrasé irrégulier. Mercedes Gancedo s'est distinguée comme une jeune talent prometteur, chantant avec des sonorités fraîches et délicates dans le rôle de la jeune chanteuse de madrigaux.Chœur et direction musicale salués
Le Chœur du Teatro Real, dirigé par José Luis Basso, a été salué pour sa prestation irréprochable tout au long de l'opéra. La direction de Nicola Luisotti a été décrite comme solide et efficace, et la production a été saluée pour l'équilibre entre la mise en scène et la musique. L'Intermezzo, introduit par le violoncelle de Simon Veis, a été qualifié de superbe et d'émouvant.