La publicité « Terroirs » d'Intermarché suscite le débat sur le gastronationalisme, la nostalgie et les messages politiques, dans une évocation nostalgique de la vie bourgeoise française des années 1970.
Campagne publicitaire controversée
Intermarché a lancé une nouvelle campagne publicitaire pour sa gamme « Terroirs », qui suscite débats et polémiques. La publicité met en scène un repas de famille qui évoque la vie bourgeoise française des années 1970, avec des plats traditionnels comme le rôti de porc, le gratin dauphinois et un plateau de fromages.Une inspiration tirée du cinéma français
La publicité s'inspire du film Vincent, François, Paul… et les autres (1974) de Claude Sautet et utilise la musique de Dernier domicile connu (1970) de François de Roubaix. Cette esthétique nostalgique est devenue un élément central de l'identité visuelle et sonore de la campagne.Des critiques sur une France idéalisée
La publicité a été critiquée pour sa représentation d'une époque révolue, certains estimant qu'elle promeut une version monolithique de l'identité française. Le décor, un long repas dominical aux accents bourgeois, a été interprété par certains comme ayant une portée politique subtile. Des internautes sur YouTube ont exprimé leur nostalgie d'une « vraie France » et critiqué le multiculturalisme.Une mise en avant de la table plutôt que de l'agriculture
Les critiques soutiennent que la publicité met en valeur la gastronomie traditionnelle française, mais ne montre ni les paysages agricoles ni les personnes qui les cultivent. La campagne se concentre davantage sur l'acte de manger que sur la production alimentaire, ce qui a conduit à des accusations de privilégier l'image au détriment du soutien aux pratiques agricoles réelles.Des implications politiques remises en question
Certains analystes, dont Pascal Praud et Gilbert Collard, ont suggéré que la publicité pourrait contenir un message politique subtil proche des idées de droite. Intermarché a démenti ces affirmations, affirmant que la publicité vise à susciter une émotion et non à formuler une prise de position politique.Un lobbying contre une politique alimentaire
Intermarché a également participé à des actions de lobbying contre une proposition de loi qui prévoyait la mise à disposition, dans les supermarchés, d'un panier de 100 aliments sains vendus au prix coûtant. Cette mesure a été rejetée au Sénat par le centre, la droite et l'extrême droite, ce qui soulève des questions sur la position de l'entreprise en matière d'accessibilité alimentaire et sur les défis agricoles en France.