Dans un discours prononcé le 8 octobre, Naïma Moutchou, la ministre française en charge des Outre-mer, a abordé les préoccupations liées à l’accès à l’eau potable dans des régions comme la Martinique, la Guadeloupe et Mayotte. Tout en reconnaissant que les efforts actuels restent insuffisants pour répondre aux besoins de ces territoires, elle a défendu les investissements du gouvernement et souligné la nécessité d’accélérer les projets en cours. Le texte de son intervention, préparé pour l’Assemblée nationale, a souligné que les pénuries d’eau, les restrictions et des infrastructures obsolètes continuent de perturber le quotidien dans plusieurs territoires ultramarins. Ses propos ont été tenus alors qu’une proposition de résolution d’Anchya Bamana, députée de Mayotte, demandant un soutien immédiat du gouvernement pour faire face aux défis locaux de l’eau, a été rejetée.
Pour illustrer les avancées du gouvernement, Moutchou a évoqué le plan Eau DOM, lancé en 2016 pour moderniser les infrastructures hydriques dans les départements et collectivités d’outre-mer. Entre 2016 et 2025, près de 774 millions d’euros ont été mobilisés, dont 659 millions sous forme de prêts et 29 millions pour l’assistance technique. Le ministère a mis en avant certaines améliorations, comme l’augmentation des réparations de fuites en Guadeloupe, passant de 2 700 en 2022 à 8 000 en 2024, ou encore la hausse de la part de la population à La Réunion ayant accès à une eau potable sûre et contrôlée, de 45 % en 2016 à 74 % à la fin de 2024. Toutefois, Moutchou a reconnu que ces résultats ne suffisent pas encore, et que le défi actuel consiste à transformer plus rapidement ces financements en projets concrets et en améliorations de service.
La ministre a attribué les retards dans les progrès à divers obstacles, parmi lesquels des terrains difficiles, l’isolement de certaines zones, des catastrophes naturelles comme les sécheresses et les cyclones, ainsi qu’un sous-investissement passé. Elle a précisé que, même avec des fonds disponibles, des projets peuvent ne pas aboutir en raison de ces contraintes. À Mayotte, par exemple, 730 millions d’euros ont été prévus pour les infrastructures hydriques entre 2025 et 2031, avec deux grands projets : l’usine de dessalement Ironi Bé et le troisième réservoir collinaire d’Ourovéni. Ces initiatives visent à augmenter la production d’eau, sécuriser les ressources et améliorer les capacités de stockage. En Guadeloupe, 65 millions d’euros ont été alloués dans le cadre d’un contrat de soutien exceptionnel signé en 2023, avec une proposition supplémentaire de 150 millions d’euros pour des réparations d’urgence et la modernisation des réseaux d’eau.
En Martinique, Moutchou a évoqué la possibilité de créer une autorité unique pour gérer l’eau et l’assainissement, en référence à une loi de 2026 qui permettrait à l’Assemblée de Martinique d’instaurer un tel organisme. Cette loi offre cette possibilité, mais ne crée pas automatiquement une structure opérationnelle. La ministre a insisté sur la nécessité pour l’État d’accompagner les initiatives locales avec des financements et une expertise, tout en veillant à ce que la gestion des services d’eau reste durable. Elle a également souligné l’importance de solutions durables plutôt que de mesures temporaires pour les problèmes d’infrastructure et d’entretien.
Le discours a également mis en avant des solutions potentielles, comme le dessalement, la récupération des eaux de pluie, le recyclage de l’eau et les technologies de détection des fuites. Moutchou a appelé à évaluer ces options en fonction des besoins spécifiques de chaque territoire, en tenant compte de critères tels que le coût, la consommation énergétique, l’impact environnemental et la sécurité sanitaire. Cependant, le discours n’a pas fixé de calendrier précis pour mettre fin aux pénuries d’eau. Il s’est plutôt concentré sur la mise en œuvre des projets et l’évaluation de leurs résultats. Moutchou a indiqué qu’elle ne demanderait pas aux habitants concernés d’être satisfaits des plans ou des financements actuels, et que la véritable épreuve de l’engagement du gouvernement résidera dans l’amélioration tangible de la continuité et de la qualité des services d’eau.
Le ministre français aborde les défis d'accès à l'eau dans les territoires d'outre-mer
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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