Mayotte fait face à une grave crise de l'eau : la députée Anchya Bamana exige des mesures, dont l'activation du plan ORSEC et un soutien financier au syndicat local de l'eau.
Crise de l'eau : une demande d'action urgente
La députée Anchya Bamana a écrit à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, pour demander l'activation du plan ORSEC pour l'eau potable ainsi que le remboursement des factures d'eau pendant les coupures à Mayotte. Elle s'inquiète également de la stabilité financière du syndicat Les Eaux de Mayotte, alors que la délégation de son service public arrive à échéance.Une crise de l'eau persistante qui exige une réponse immédiate
Dans sa lettre datée du 19 octobre, Anchya Bamana souligne la gravité de la crise de l'eau en cours et affirme que la seule présence de réservoirs ne garantit pas le bon fonctionnement de l'approvisionnement en eau. Elle avait déjà demandé au gouvernement d'activer le plan ORSEC, mais elle n'a reçu aucune réponse à sa demande du 17 juillet. Selon elle, ce plan est indispensable pour organiser un approvisionnement en eau de secours pendant les coupures.Retards du projet de station de dessalement
Anchya Bamana exprime également ses inquiétudes au sujet des retards de la station de dessalement d'Ironi Bé, un projet clé destiné à répondre au manque d'eau. Le projet est actuellement bloqué pour des raisons juridiques : le tribunal administratif de Mayotte a suspendu son autorisation environnementale le 31 juillet et a relevé plusieurs irrégularités qui doivent être corrigées.Inquiétudes financières sur le service public de l'eau
La députée s'inquiète de la santé financière de Les Eaux de Mayotte, rappelant que la délégation de service public accordée à la Société mahoraise des eaux (SMAE) expirera le 31 décembre 2026. Elle demande une aide financière de l'État afin que la délégation puisse être renouvelée et qu'une interruption du service au début de l'année 2027 soit évitée.Solutions alternatives pour l'approvisionnement en eau
En complément de ces demandes, Anchya Bamana propose d'étudier des mesures complémentaires pour répondre à la crise, comme le déploiement d'une barge de dessalement en mer et l'importation d'eau en bouteille depuis les pays voisins afin de compléter les ressources locales.Critique d'une action gouvernementale jugée incohérente
Dans des propos qui ne figurent pas dans la lettre officielle, Anchya Bamana reproche au gouvernement une approche qu'elle juge incohérente, en citant l'activation du plan ORSEC « sécheresse » en Guyane pour approvisionner en eau des communes isolées touchées par El Niño. Elle accuse le gouvernement de pratiquer « deux poids, deux mesures » et exprime son exaspération face à ce qu'elle appelle un « mépris pour les Mahorais ». Elle conclut en affirmant que la population de Mayotte n'acceptera pas de continuer à vivre dans la pauvreté.