Suspect dans une attaque raciste visée par une enquête

Un suspect dans une attaque raciste survenue dans les Yvelines, qui a fait un mort et sept blessés, a été mis en examen le 29 octobre et placé en détention provisoire. L'homme est accusé d'avoir ouvert le feu sur des piétons depuis sa voiture et a déclaré pendant sa garde à vue qu'il souffrait de schizophrénie.

Expertise psychiatrique rendue publique

La détention du suspect a été levée pour une expertise psychiatrique réalisée par l'Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P). L'équipe a conclu qu'il « ne présentait pas de signes cliniques d'un trouble psychiatrique qui justifierait une hospitalisation sous contrainte ».

Le procureur remet en question le diagnostic

Le procureur antiterroriste, Olivier Christen, a déclaré que l'affirmation du suspect selon laquelle il souffrait de schizophrénie relevait « davantage d'une interprétation personnelle que d'une conclusion médicale ». Il a relevé que le suspect faisait état de troubles psychologiques et d'une consommation importante de drogues depuis l'âge de 13 ans, ce que confirment ses proches.

Antécédents médicaux et traitement

Le suspect avait été hospitalisé en psychiatrie à 25 ans et suivait un traitement médical au moment des faits. Il a déclaré aux enquêteurs qu'il « était suivi par un médecin » et qu'il n'avait pas interrompu son traitement au moment de l'attaque.

Résultats toxicologiques

Les premières analyses toxicologiques ont mis en évidence, dans le sang du suspect, plusieurs molécules compatibles avec six médicaments antipsychotiques et antidépresseurs figurant sur une ordonnance trouvée à son domicile. Cela soulève des questions sur la prise en charge médicale et psychologique dont il a bénéficié pendant sa détention.

Soins médicaux en détention

Ivan Gombert, secrétaire national de la direction pénitentiaire de Force ouvrière (FO), a expliqué que les grandes prisons disposent de personnels médicaux, dont des psychiatres et des spécialistes, pour répondre aux besoins des détenus. Dès son premier jour de détention, le suspect fera l'objet d'un entretien médical et psychiatrique afin d'évaluer son état et de lui prodiguer les traitements nécessaires.

Accès aux soins et aux traitements

Ivan Gombert a insisté sur le fait que les détenus souffrant de troubles nécessitant des médicaments antipsychotiques doivent consulter un médecin en priorité. Le service médical est alerté afin de donner la priorité à ces personnes, et les traitements sont pris en charge par la Sécurité sociale, de sorte que les détenus ne paient rien. Les médicaments doivent être pris devant un infirmier afin de garantir une prise correcte.

Consommation de drogue et dosage du traitement

Olivier Christen a indiqué que le dosage du traitement antipsychotique prescrit au suspect est « léger ». Le magistrat du pôle antiterroriste a également mentionné que le suspect consomme du cannabis et de la cocaïne, substances retrouvées lors des premiers tests toxicologiques. Ces substances sont incompatibles avec les troubles psychiques du suspect.

Circulation de la drogue en prison

Ivan Gombert a noté que le cannabis et la cocaïne circulent dans les cellules des prisons, souvent par le biais des parloirs ou de livraisons par drones. Une étude de 2024 de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a révélé que la moitié des détenus français déclarent avoir consommé du cannabis pendant leur détention.

Isolement et mesures de sécurité

Ivan Gombert a conclu que, dans son établissement, le suspect est placé à l'quartier d'isolement, censé empêcher l'accès aux substances illicites. Cette mesure vise à réduire le risque de consommation de drogue chez les détenus souffrant de troubles psychiques.