Les talibans critiquent le plan américain d'expulsion

Les autorités talibanes ont exprimé une « profonde inquiétude » face à la proposition américaine d'expulser des Afghans vers le Pakistan. Selon une déclaration d'Abdul Qahar Balkhi, porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, l'Émirat islamique d'Afghanistan s'inquiète des informations selon lesquelles les États-Unis pourraient expulser vers le Pakistan des réfugiés afghans n'ayant pas obtenu de statut de résidence légale aux États-Unis, dans l'intention de les renvoyer à terme en Afghanistan.

Le New York Times rapporte des chiffres d'expulsion

Des informations relayées vendredi par le New York Times indiquent que plus de 150 Afghans pourraient être expulsés vers l'Afghanistan via le Pakistan. Parmi les personnes potentiellement concernées figurent des individus et leurs familles qui avaient aidé les forces américaines avant leur retrait en 2021. L'organisation #AfghanEvac, qui œuvre à la protection et à la réinsertion des alliés afghans des États-Unis, a condamné ce projet.

Des expulsions impliqueraient le Pakistan

Bien que les États-Unis ne puissent pas organiser directement des expulsions vers l'Afghanistan, des responsables ont indiqué au journal que le Pakistan superviserait le rapatriement de ces personnes vers l'Afghanistan. Les talibans ont appelé à une « approche responsable et mesurée » et ont exhorté les États-Unis à adopter une telle approche dans leurs décisions concernant le sort des citoyens afghans, en soulignant la nécessité d'une compréhension mutuelle claire, d'une coordination nécessaire et de la prise en compte des droits et des revendications légitimes des personnes concernées.

Amnistie talibane et rapports de l'ONU

Le gouvernement taliban a déclaré une amnistie pour ceux qui ont servi dans les institutions de l'ancienne République afghane, mais l'ONU a documenté plusieurs arrestations ces dernières années. Les deux pays voisins sont en conflit ouvert depuis octobre 2025, date à laquelle les combats ont fait des dizaines de morts et entraîné la fermeture quasi complète de leur frontière terrestre.

Conflit frontalier et accusations mutuelles

Après diverses médiations, les affrontements avaient diminué sans cesser complètement, avant de se transformer en guerre ouverte à la fin du mois de février. Le Pakistan accuse les autorités talibanes afghanes d'héberger et de soutenir le mouvement jihadiste Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), créé en 2005 et responsable d'attentats meurtriers sur le sol pakistanais, ce que ces autorités démentent.