Des associations françaises de défense des droits humains mettent en garde contre les négociations avec les talibans, craignant des expulsions forcées d'Afghans et des violations des droits.
Des ONG de défense des droits humains mettent en garde contre les risques des discussions avec les talibans
Une lettre commune signée par plusieurs organisations de défense des droits humains et groupes de plaidoyer en France exprime de fortes inquiétudes face au projet, rapporté, du gouvernement d'engager des discussions techniques avec les autorités talibanes, qui pourraient faciliter l'expulsion de ressortissants afghans. La lettre est adressée aux ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères, à la ministre chargée de l'Asile et des Migrations, ainsi qu'à l'ambassadeur.Inquiétudes au regard des obligations internationales
Les organisations, qui œuvrent pour la défense des droits humains, accompagnent les personnes déplacées et représentent des Afghans en France, ont averti qu'une telle coopération pourrait affaiblir les obligations internationales de la France en matière de droit d'asile et de non-refoulement. Elles ont souligné que les besoins de protection des Afghans demeurent importants et ont appelé à une approche plus prudente et responsable, fondée sur le respect des droits fondamentaux et les impératifs de protection.Critique du bilan des talibans en matière de droits humains
La lettre souligne que les talibans ont instauré un régime de terreur, une répression systématique et des violations massives des droits fondamentaux depuis leur prise de pouvoir en août 2021. Les femmes et les filles sont exclues de l'éducation, de l'emploi, de la vie publique et de l'espace social. La Cour nationale du droit d'asile les a reconnues comme un groupe social justifiant leur propre protection.Mises en garde de l'ONU contre les expulsions forcées
La lettre rappelle également que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) a exhorté les États à mettre fin aux expulsions forcées vers l'Afghanistan, quel que soit le profil des personnes potentiellement concernées par ces renvois forcés. Elle insiste sur le fait qu'aucune justification ne peut déroger au principe de non-refoulement, qu'il s'agisse d'une menace pour l'ordre public, d'un objectif de politique migratoire ou d'un accord diplomatique.L'exemple allemand suscite des inquiétudes
La lettre relève en outre que l'expérience allemande illustre le risque d'étendre les expulsions vers l'Afghanistan au-delà des personnes condamnées pour des infractions graves. Au moins un Afghan sans casier judiciaire a été expulsé en juillet 2025.Appel à la protection et à des changements de politique
Les organisations demandent l'abandon de toutes les négociations visant à faciliter les expulsions forcées vers l'Afghanistan et la garantie du non-refoulement pour l'ensemble des Afghans, en raison des violations systématiques des droits dans le pays. Elles réclament également le renforcement des voies de protection pour les Afghans, notamment l'accès à la protection internationale, le regroupement familial, les visas humanitaires et les programmes de réinstallation, ainsi que le maintien du soutien politique aux mécanismes de sanctions et à la surveillance des violations des droits humains.Parmi les signataires, des militants et des experts
La lettre a été signée par plusieurs personnes et organisations, dont Hamida Aman, Sylvie Brigot, Nadine Camp, Matthieu Tardis, Fanélie Carrey-Conte, Shakiba Dawod, Sylvie Guillaume, Reza Jafari, Éric Lejeune, Céline Meresse, Isabelle Richard, Guillaume Rossignol, Mursal Sayas, Nathalie Tehio, Najat Vallaud-Belkacem et Talisa Zur Hausen.