Les vélos à assistance électrique, ou VAE, ont gagné en popularité auprès des populations urbaines et rurales, avec des usages différents selon l’âge et le lieu de résidence. En ville, les 35-45 ans les utilisent souvent pour des raisons pratiques, comme se rendre au travail ou faire des courses. Les personnes plus âgées, les baby-boomers, les privilégient plutôt pour les loisirs et la santé, notamment le week-end lorsque le temps est clément. Cependant, un groupe moins médiatisé est celui des habitants des zones rurales et périurbaines qui s’en servent pour des trajets habituellement effectués en voiture, comme se rendre dans un village voisin, rejoindre une gare ou se rendre sur un lieu de travail situé à quelques kilomètres. Selon une analyse du service statistique du ministère de la Transition écologique, basée sur l’enquête nationale sur la mobilité de 2018-2019, 40 % des déplacements des personnes vivant dans des communes rurales s’étendent entre 10 et 100 kilomètres, contre 18 % dans les zones densément peuplées. Cela suggère un besoin accru de solutions de transport alternatives dans les régions rurales, où emplois, commerces et services ne sont pas toujours à proximité du domicile. Les vélos électriques offrent une option efficace, car leurs utilisateurs peuvent maintenir une vitesse moyenne de 20 km/h, comparable à celle d’une voiture dans des conditions similaires. Cependant, les voitures mettent souvent plus de temps en raison du temps nécessaire pour trouver une place de stationnement et marcher jusqu’à la destination finale. Malgré ces avantages, les zones rurales font face à des défis, comme un manque d’infrastructures adaptées et un sentiment d’insécurité chez les cyclistes. Une étude de Cerema publiée en 2024 révèle que des obstacles tels que des routes en mauvais état, un terrain inconfortable, des conditions météorologiques défavorables ou encore le risque de vol découragent l’usage des VAE dans les régions peu denses. Par exemple, un trajet de cinq kilomètres jusqu’à une gare peut emprunter une route étroite et très fréquentée, ce qui rend le voyage moins attrayant. À l’inverse, certaines régions ont réussi à intégrer les VAE dans leurs systèmes de transport. Dans le Tarn, la voie verte Passa Païs réhabilite une ancienne ligne ferroviaire pour relier habitations, lieux de travail et écoles, permettant aux habitants de se déplacer pour le travail ou les loisirs. À Lyon, un ancien chemin de halage le long du Rhône est emprunté par les cyclistes urbains en semaine et par les promeneurs et joggeurs le week-end, montrant comment ces itinéraires peuvent être utilisés plus largement s’ils sont bien entretenus. L’usage des vélos, y compris des VAE, dépend de plusieurs facteurs : la disponibilité des infrastructures, la nécessité de transporter des objets ou encore les conditions à l’arrivée. Une enquête nationale réalisée en 2024 par le CSA révèle que 44 % des ménages possèdent au moins un vélo, dont 9 % un vélo à assistance électrique. Toutefois, la moitié des distances parcourues à vélo le sont pour des loisirs, ce qui suggère que le passage d’un usage occasionnel à un usage régulier n’est pas toujours évident. Le coût des VAE constitue un autre frein, et la possibilité de les tester en conditions réelles pourrait aider à convaincre. Les services de location longue durée étudiés par Cerema permettent aux utilisateurs d’essayer les VAE sans les acheter, ce qui peut être utile aussi bien pour les automobilistes que pour les adeptes des transports non motorisés. En conclusion, si les VAE ne remplaceront pas tous les trajets en voiture, ils peuvent commencer par des courses, des jours de télétravail ou des trajets jusqu’à la gare. Si l’expérience est positive et que les infrastructures sont sûres et adaptées, les VAE peuvent devenir une habitude régulière. Les trajets de moins de 10 kilomètres sont rapides et faciles à réaliser en VAE, ne prenant pas plus de temps qu’en voiture, tout en offrant un plaisir de conduite difficile à ignorer.