La France devrait augmenter le nombre de loups pouvant être abattus en 2026, selon la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui a annoncé cette mesure le 8 octobre lors du Sommet de l’élevage en Auvergne. Le quota passera de 21 % à 23 % de la population totale de loups, une disposition déjà prévue par la loi. Cette hausse avait été annoncée dès janvier, sous la pression des syndicats agricoles. À l’époque, huit départements alpins avaient demandé un plafond plus élevé, fixé à 30 %, parmi lesquels l’Isère, la Savoie, la Haute-Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Drôme et le Vaucluse. En 2025, le quota était de 19 %, ce qui a conduit à l’abattage de 190 loups. Genevard a indiqué que les deux points de pourcentage supplémentaires seraient activés prochainement, tout en soulignant que des conditions strictes encadreraient les tirs afin d’éviter que le seuil de 23 % ne soit atteint trop rapidement. Cela garantirait que personne ne pourrait abattre de loups sans nécessité. Les éleveurs déclarent perdre plus de 10 000 animaux chaque année en raison des attaques de loups. En France, l’abattage des loups à l’état sauvage est généralement interdit, sauf pour protéger les troupeaux. Une procédure permet les « tirs de prélèvement », qui peuvent être effectués indépendamment d’une attaque en cours sur un troupeau. Un décret publié en décembre viendra accompagner cette hausse du plafond d’abattage. Genevard a précisé que si le quota n’est pas atteint une année donnée, les loups non éliminés pourront être reportés sur le plafond de l’année suivante. Ce décret devrait être présenté d’ici le 12 octobre pour une publication en décembre et s’accompagnera du texte d’application de la loi sur l’urgence agricole adoptée cet été. Cette loi prévoit notamment d’équiper les éleveurs autorisés d’outils de défense tels que des jumelles de vision nocturne ou des lunettes de visée thermique. La ministre a également annoncé que d’autres textes d’application de cette loi controversée seront publiés avant le prochain Salon de l’agriculture, prévu fin février. Parmi ces textes figure un décret visant à réformer le système d’autorisation environnementale pour les élevages. Le nouveau dispositif crée un régime spécifique pour les agriculteurs, qui étaient auparavant soumis aux mêmes règles que les autres installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Ce texte, soumis à consultation publique cette semaine, a été salué par les secteurs concernés. En pratique, il permettra de réduire les seuils de volailles et de porcs à partir desquels un permis est requis, et simplifiera le régime d’enregistrement, déjà moins contraignant qu’un permis, en le remplaçant par une « autorisation simplifiée ».