Au début du mois dernier, le Service Industriel de l’Aéronautique [SIAé] a annoncé que son atelier de Bordeaux [AIA] avait officiellement lancé les « activités de maintenance » du turbocompresseur Turbomeca TM-307B, utilisé dans le moteur Diesel V8X-1500 Hyperbar de 1 500 chevaux du char Leclerc. Cette annonce intervient alors que le ministère des Armées avait eu du mal, quelques années plus tôt, à dégager 4 millions d’euros pour maintenir la filière industrielle de ce turbocompresseur haute pression. Un rapport parlementaire publié en 2020 mettait en garde : des économies à court terme pourraient entraîner des coûts bien plus élevés à long terme. Le TM-307B est essentiel, car il améliore les performances du moteur en injectant de l’air comprimé dans ses cylindres. Cela optimise l’accélération du char Leclerc de 60 tonnes et sert d’unité de puissance auxiliaire lorsque le moteur principal est éteint, selon le SIAé. L’AIA de Bordeaux s’est révélé particulièrement efficace : il a déjà restitué deux unités TM-307B à l’armée après avoir réalisé une « maintenance industrielle approfondie » au niveau NTI3 (qui désigne le niveau 3 d’intervention technique). La Direction générale de l’armement [DGA] a fait cette annonce le 2 octobre, précisant que les turbocompresseurs avaient été restaurés à leurs performances d’origine, comme l’ont confirmé les tests. Elle a ajouté que l’achèvement des travaux de réindustrialisation pour la maintenance de niveau NTI3 des turbocompresseurs du Leclerc marque le début d’une phase de production, avec un objectif de 25 turbocompresseurs par an. La DGA a expliqué son choix de confier la maintenance industrielle de ces turbocompresseurs à une structure du ministère des Armées — le SIAé. En 2023, dans le cadre de la rénovation du char Leclerc (standard XLR), la DGA a chargé KNDS France et Safran Helicopter Engines (ex-Turbomeca) de mener une « étude de réindustrialisation industrielle » pour la maintenance de niveau NTI3 du TM-307B. Elle a également demandé à l’AIA de Bordeaux de « suivre les travaux et préparer la maintenance de cet équipement en condition opérationnelle ». Sur la base de ces études, la DGA a conclu qu’il était plus économique de confier la maintenance des turbocompresseurs au SIAé, Safran Helicopter Engines intervenant en tant que sous-traitant. La livraison anticipée de deux unités TM-307B, réalisée en avance, confirme la décision du ministère de renforcer la capacité industrielle pour maintenir ces turbocompresseurs, garantissant leur disponibilité à un coût maîtrisé et dans les délais prévus. La DGA a désormais transféré la responsabilité de la poursuite de ce contrat à la Structure Intégrée de Maintenance en condition opérationnelle du matériel terrestre.