Les AMP ne freinent pas efficacement la pêche

Une étude scientifique publiée dans Science Advances révèle que la plupart des aires marines protégées (AMP) dans le monde ne parviennent pas à empêcher efficacement les activités de pêche. La recherche a analysé les données de 861 AMP et constate que la pêche est restée stable ou a augmenté dans la plupart d'entre elles, malgré les efforts mondiaux visant à protéger 30 % des océans d'ici 2030.

La couverture mondiale des AMP reste en deçà de l'objectif

Selon le dernier recensement du site Protected Planet, il existe 17 227 AMP couvrant 9,82 % des océans du monde. Cela est bien loin de l'objectif de 30 % fixé par 196 pays en 2022, ce qui met en évidence un écart important entre les engagements internationaux et les progrès actuels.

Les données de suivi des navires révèlent les tendances des AMP

Les chercheurs ont utilisé les données de suivi des navires fournies par Global Fishing Watch et les ont comparées aux cartes des AMP de 2012 à 2024. Ces données ont permis de suivre l'évolution de l'activité de pêche à l'intérieur et à l'extérieur des AMP au fil du temps, et de montrer comment la pression de la pêche a évolué dans ces zones protégées.

La pression de la pêche augmente dans la plupart des AMP

Joachim Claudet, chercheur au CNRS et co-auteur de l'étude, constate que la pression de la pêche a augmenté dans la majorité des AMP depuis leur création. Plus précisément, 58 % des AMP ont connu une hausse de l'effort de pêche, tandis que 40 % ont connu une baisse et 2 % n'ont enregistré aucun changement.

Les AMP évitent les zones de forte activité de pêche

Joachim Claudet souligne que les zones entièrement protégées sont souvent créées dans des régions où la pêche industrielle était déjà peu présente. Il critique également l'utilisation du taux de couverture océanique comme seul indicateur de l'efficacité des AMP, estimant qu'il ne reflète pas leur véritable impact sur la conservation de la biodiversité.