Les pénalités répétées près de la ligne d’essai au rugby alimentent les débats sur l’efficacité de la défense face aux attaques rapides de type pick-and-go. Ces mouvements consistent pour un joueur à transmettre rapidement le ballon à un coéquipier après un regroupement, surprenant souvent les défenseurs. Sur les réseaux sociaux, certains estiment que le respect de la règle de l’en-avant dans ces situations est « extrêmement compliqué », bien que les règles soient claires. La ligne de hors-jeu est en effet déterminée par le point le plus avancé du dernier joueur impliqué dans le regroupement. Si ce point se situe sur ou derrière la ligne d’essai, c’est cette dernière qui fait office de ligne de hors-jeu, sans marge supplémentaire de cinq mètres. Les défenseurs ont le droit de se positionner directement derrière la ligne d’essai, dans leur propre zone d’en-but. Le défi tactique devient particulièrement criant lorsque le porteur du ballon se trouve à deux mètres de la ligne d’essai. Dans ce cas, il peut relancer rapidement le jeu, obligeant les défenseurs à réagir promptement sans pour autant commettre de faute. Cette situation rappelle la logique d’un sprint de 100 mètres, où l’anticipation offre un avantage décisif, tandis qu’un mouvement prématuré peut s’avérer coûteux. L’ambiguïté visuelle ajoute une couche de complexité, car World Rugby n’aborde pas explicitement le cas d’un défenseur en position basse avec trois ou quatre points de contact. En revanche, les directives de USA Rugby indiquent que les défenseurs près du regroupement ne doivent pas poser les mains au sol devant la ligne de hors-jeu. Une posture très basse est autorisée, mais avancer avec des appuis au sol ne l’est pas. Un autre détail souvent négligé est que le regroupement prend fin lorsque le ballon en sort, est soulevé du sol par le joueur en possession ou atteint la ligne d’essai. À ce moment-là, la situation change. Si l’arbitre siffle « jeu continu », l’équipe en possession dispose de cinq secondes pour dégager le ballon. Ces infractions ne sont ni inévitables ni nécessairement injustes. Elles se multiplient lorsque la ligne de défense évolue à quelques centimètres de la ligne d’essai, face à une menace immédiate de pick-and-go et avec un temps de réaction très limité. Les répétitions de ces infractions peuvent entraîner des conséquences selon la Règle 9, qui prévoit un avertissement collectif en cas de récidive d’une même infraction par une équipe, suivi d’un carton jaune en cas de nouvelle récidive. La ligne d’essai sert de repère visible pour les défenseurs, limitant la nécessité de reculer davantage dans leur propre zone d’en-but. Elle exige cependant une discipline quasi chirurgicale, car même un demi-pas trop tôt peut être sanctionné comme une infraction de hors-jeu par l’arbitre.