Depuis le 5 octobre, **World Rugby** a émis une nouvelle directive concernant une forme spécifique de plaquage au rugby, où un défenseur pose un genou au sol avant d’entrer en contact avec le porteur du ballon. L’organisation souligne que cette technique peut accroître le risque de blessure tant pour le plaqueur que pour le joueur plaqué. Lorsqu’un défenseur abaisse son genou avant le contact, sa tête se retrouve dans une position très basse, et le porteur du ballon risque de heurter un défenseur déjà « ancré » au sol. Selon la Règle 13.3c, un joueur au sol ne peut ni plaquer ni tenter de plaquer un adversaire. Les arbitres sont désormais tenus de sanctionner les joueurs qui posent un genou au sol avant d’effectuer un plaquage. Le principal défi réside dans le timing de l’action. **World Rugby** précise que si un défenseur touche le sol au même moment où il effectue le plaquage, cela ne constitue pas automatiquement une infraction, à condition que le plaquage ne soit pas dangereux. Le critère déterminant est de savoir si le genou était déjà au sol avant le contact ou si le défenseur a touché le sol en même temps que le plaquage. Dans le premier cas, le plaqueur perd l’équilibre, ce qui peut augmenter le risque de blessure, tandis que dans le second, le plaquage peut encore être considéré comme légal. Cette distinction a suscité des débats parmi les joueurs, entraîneurs et arbitres de rugby. Sur Reddit, un utilisateur nommé u/Dupont_or_Dupond, qui fait partie d’un groupe d’arbitres, a indiqué que le sujet avait récemment été évoqué. Il a noté qu’en France, notamment au niveau amateur, de nombreux plaquages impliquent des défenseurs qui s’abaissent pour cibler sous la ceinture. La Fédération française de rugby (FFR) explique que ce type de plaquage fait partie des compétitions amateurs depuis la saison 2019-2020, y compris dans le championnat de Fédérale 2. L’application de cette directive en pratique peut s’avérer complexe. Face à un pilier compact qui s’abaisse sur ses appuis, un défenseur de grande taille doit se pencher considérablement pour cibler sous la ceinture, ce qui amène son genou près du sol. Si le genou était déjà au sol avant le plaquage, l’action devient sanctionnable. L’enjeu de l’application réside donc dans le timing de l’action, plutôt que dans la position finale du défenseur. **World Rugby** n’a pas introduit une règle entièrement nouvelle, mais a plutôt insisté sur l’application des règlements existants. La directive renvoie à la Règle 13, qui interdit aux joueurs au sol d’initier un plaquage, ainsi qu’aux Règles 9.11 et 9.13, qui traitent du jeu dangereux. L’objectif est de veiller à ce que le principe interdisant à un joueur au sol d’effectuer un plaquage soit appliqué de manière plus claire. Pour les clubs amateurs, cette évolution touche surtout l’entraînement, où les entraîneurs doivent continuer à enseigner aux joueurs à cibler bas tout en conservant leur équilibre jusqu’au contact. Les arbitres sont invités à se concentrer sur le timing du plaquage plutôt que sur la position finale du genou du défenseur.