Baobab Côte d'Ivoire fixe des objectifs ambitieux

Baobab Côte d'Ivoire, une institution de microfinance créée en 2010, a annoncé son ambition de devenir la première institution de microfinance en Afrique d'ici 2027 et de figurer parmi les cinq premières institutions financières du continent d'ici 2035. L'institution, qui a changé de nom en 2019 pour remplacer Microcred Côte d'Ivoire, a présenté ses résultats financiers et ses objectifs à long terme lors d'une conférence de presse tenue à Abidjan le 23 octobre, à l'occasion de son quinzième anniversaire.

Des résultats financiers en forte croissance

Au 31 décembre 2025, Baobab Côte d'Ivoire disposait d'un portefeuille de crédits de 209 milliards de francs CFA (356,3 millions de dollars), d'un portefeuille d'épargne de 103 milliards de francs CFA et de capitaux propres de 37 milliards de francs CFA. L'institution a clôturé l'année avec un bénéfice net de 10,7 milliards de francs CFA, contre environ 8 milliards de francs CFA en 2023. Pour les huit premiers mois de 2026, son bénéfice net avait déjà atteint 8,9 milliards de francs CFA.

Croissance de la clientèle et des effectifs

La clientèle a également progressé, passant de 324 000 clients à la fin de 2025 à près de 350 000 à la fin du mois d'août 2026. Sur la même période, les effectifs ont dépassé le millier de salariés, contre 929 à la fin de l'exercice précédent.

Une position dominante dans le secteur de la microfinance

Selon les chiffres présentés par la direction, Baobab Côte d'Ivoire représente à elle seule 28 % de l'encours de crédits du secteur de la microfinance ivoirien, 20 % de son total bilan et 11 % de son épargne. À l'échelle de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), ses parts atteignent respectivement 8 %, 5 % et 4 %. Ces performances placent l'institution en tête des institutions de microfinance de l'Union en matière de total bilan, devant Baobab Sénégal, selon les comparaisons présentées lors de la conférence.

Rentabilité et rééquilibrage du marché

La direction revendique également la première place en matière de rentabilité, sur la base des dernières données institutionnelles comparables publiées par la BCEAO, qui remontent à 2023. Cette progression s'inscrit dans un contexte de rééquilibrage du marché régional. Selon les données citées par Baobab et issues de la Banque centrale, la Côte d'Ivoire représente désormais 26 % du total des actifs de la microfinance dans l'UMOA, une proportion comparable à celle du Sénégal, longtemps dominant dans ce secteur. Le marché ivoirien concentre par ailleurs 30 % de l'encours de crédits et 32 % de l'épargne de la région.

Une qualité du portefeuille de crédits toujours solide

Ruben Dieudonné, directeur général de Baobab Côte d'Ivoire, a souligné que la qualité du portefeuille de crédits constitue un indicateur déterminant. Le taux de créances en retard de plus de 90 jours (PAR90) de l'institution s'établissait à 1,3 % à la fin de 2025, avant de remonter à 2,2 % à la fin du mois d'août 2026. Malgré cette hausse, ce ratio reste inférieur au seuil de référence de 3 % fixé par la BCEAO pour les systèmes financiers décentralisés. Cette gestion des risques représente un enjeu particulier pour l'institution, qui a traversé une période difficile en 2017, lorsque son PAR90 avait atteint environ 9 %, dans un contexte marqué par des défaillances du contrôle interne et des cas de fraude.

Réorganisation et soutien aux entrepreneurs

La direction a alors engagé une réorganisation des procédures et renforcé ses mécanismes de suivi et de recouvrement. Placée au cœur de son modèle, le financement des petits entrepreneurs s'est principalement développé auprès des micro-entrepreneurs et des petites entreprises qui peinent à accéder aux services bancaires traditionnels. L'institution propose désormais des prêts allant de 100 000 à 700 millions de francs CFA, destinés notamment au financement des besoins de trésorerie, des investissements, des activités agricoles et des jeunes entreprises.

Répartition des prêts et structuration des entreprises

La répartition de son portefeuille dépend toutefois de la définition retenue pour les PME. Selon la direction, les prêts supérieurs à 60 millions de francs CFA représentent environ 20 à 25 % de l'encours total. En abaissant le seuil à 20 millions de francs CFA, la part des financements accordés à cette catégorie atteint environ la moitié du portefeuille.

Accompagner la formalisation des entreprises informelles

Ruben Dieudonné a expliqué que l'institution privilégie un suivi de proximité, complété par des rencontres et des formations, pour aider les entrepreneurs du secteur informel à formaliser leurs activités. Cette approche permet aux clients d'améliorer progressivement la traçabilité de leurs activités et de répondre aux exigences liées à des financements plus importants. La direction reconnaît que ces progrès exigent une structuration accrue des entreprises, notamment en matière de documentation financière.

Élargir la portée grâce aux canaux physiques et numériques

Pour renforcer sa couverture territoriale, Baobab dispose de 38 agences et points de service ainsi que de près de 300 correspondants répartis à travers le pays. L'institution développe également ses services numériques, notamment à travers son application mobile et son intégration à la plateforme de paiement instantané interopérable de l'UMOA, lancée en septembre 2025.