Bilan de santé du secteur

Le secteur de la microfinance en Afrique centrale fait face à d'importants défis, notamment des difficultés de remboursement des prêts et une baisse des bénéfices, selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC). Le rapport souligne une dégradation de la santé globale des institutions de microfinance dans l'ensemble de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

Classification des institutions

Selon le système SYSCO-EMF, introduit en septembre 2025, seulement 17,9 % des institutions de microfinance de la CEMAC sont classées comme « globalement saines ». Près de 48,7 % sont jugées « très fragiles », ce qui témoigne d'une détérioration du profil de risque du secteur entre septembre et décembre 2025.

Risque de crédit et prêts non performants

Le risque de crédit constitue une préoccupation majeure. Au 31 décembre 2025, les prêts non performants s'élevaient à 236,8 milliards de francs CFA (404,3 millions de dollars américains), soit une hausse de 33,2 % par rapport à l'année précédente. Ils représentent 20,5 % des encours bruts de prêts du secteur.

Baisse des bénéfices et impact financier

Le bénéfice net agrégé des institutions de microfinance a fortement chuté pour atteindre 2,4 milliards de francs CFA à la fin de 2025, soit une baisse de 89,4 % par rapport aux 22,5 milliards de francs CFA enregistrés en 2024. Cette chute est attribuée à une hausse de 47 % des provisions nettes pour risque de crédit.

Non-respect de la réglementation

De nombreuses institutions ne respectent pas les normes prudentielles : 39 % ne satisfont pas au ratio de couverture des immobilisations et 36 % dépassent la limite réglementaire d'exposition à un même client. Ces manquements soulèvent des inquiétudes quant à la stabilité du secteur et au respect de la réglementation financière.

Mesures d'intervention de la COBAC

Pour faire face à ces défis, la COBAC a pris sept décisions d'ouverture d'une administration provisoire dans le secteur de la microfinance en 2025, concernant 14 institutions. Par ailleurs, cinq procédures de liquidation ont été engagées, traduisant les efforts déployés pour garantir la stabilité du secteur et protéger les déposants.