Changement de l'actionnariat bancaire dans la CEMAC

La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a connu un changement dans l'actionnariat bancaire en 2025, avec moins de banques contrôlées principalement par des capitaux étrangers. La Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) indique qu'à la fin de 2025, la région comptait 54 banques en activité, contre 56 en 2024.

Recul de la part des capitaux étrangers

Le nombre de banques majoritairement contrôlées par des capitaux étrangers est passé de 38 à 31 en un an, ce qui a ramené leur part du total à 57,4 %, contre 67,9 %. Parallèlement, le nombre de banques à capitaux nationaux est passé de 18 à 23, portant leur part à 42,6 %, contre 32,1 %.

Des changements d'actionnariat majeurs au Cameroun

Au Cameroun, Société Générale a cédé sa participation de 58,08 % dans sa filiale locale à l'État, ce qui a porté la part publique à 83,68 %. Par ailleurs, Standard Chartered a cédé ses activités bancaires à la banque nigériane Access Bank, mais cette opération n'a pas augmenté le nombre de banques à capitaux nationaux dans la CEMAC, Access Bank étant considérée comme une entité étrangère.

Fusions et rachats dans d'autres pays

En République démocratique du Congo, Société Générale Congo a été fusionnée avec BGFIBank Congo, un groupe d'origine gabonaise. En Guinée équatoriale, Vista a repris la Société Générale de Banques en Guinée équatoriale. Ces opérations suivent des tendances différentes, et le recul des banques détenues par des étrangers ne signifie pas toujours un contrôle national accru, selon l'origine de l'acquéreur.

Des banques qui affichent de meilleurs résultats financiers

Les banques de la CEMAC ont enregistré de meilleurs résultats en 2025, avec un bénéfice net cumulé de 524 milliards de FCFA (896 millions de dollars), en hausse de 16,4 % par rapport à 2024. Le produit net bancaire a progressé de 12,5 %, et le total du bilan a augmenté de 10,3 %.

Des risques persistants

Malgré ces gains, les banques restent exposées à des risques durables, notamment une hausse de 10,9 % des créances en souffrance, qui atteignent 2 244 milliards de FCFA, soit 16 % des crédits bruts à la clientèle. L'exposition aux prêts à l'État et aux titres publics a également augmenté de 19,9 %, ce qui suscite des inquiétudes quant à la capacité des nouveaux actionnaires à préserver la stabilité financière et à gérer efficacement les risques.