Des chercheurs au Royaume-Uni étudient si le lait maternel pourrait permettre de détecter un cancer du sein chez les femmes ayant récemment accouché. Cette méthode innovante pourrait grandement améliorer le dépistage précoce de cette maladie, souvent difficile à identifier dans ce groupe de femmes. Diagnostiquer un cancer du sein chez les femmes enceintes ou en post-partum pose des défis particuliers. Dans la population générale, le cancer du sein touche environ 1 femme sur 3 000 pendant la grossesse, et le risque est accru pour celles ayant une forte prédisposition génétique, comme les porteuses du gène BRCA. Les tumeurs sont souvent détectées à un stade plus avancé, après qu’elles se soient propagées, et la mammographie traditionnelle n’est pas efficace sur les seins de femmes enceintes ou allaitantes. Pour remédier à ce problème, des scientifiques britanniques analysent un fluide produit quotidiennement par les jeunes mères. À l’Université de Manchester, l’étude BRACELET-BM explore le lait maternel comme outil potentiel de détection précoce du cancer du sein. Les chercheurs cherchent à y détecter des fragments d’ADN tumoral circulant (ADNtc), qui pourraient être plus proches de la tumeur que ce que permet une simple prise de sang. Entre 35 et 50 % des cancers du sein chez les femmes de moins de 55 ans surviennent dans les 10 ans suivant une grossesse, et 5 % des cancers du sein chez celles de moins de 45 ans apparaissent dans l’année qui suit un accouchement. Cette période de risque accru souligne l’importance de cette initiative de recherche. Le Dr Niki Flaum, oncologue et responsable de l’essai au Christie NHS Foundation Trust, souligne la difficulté de détecter un cancer du sein dans ce groupe spécifique de femmes. L’étude vise à offrir un outil de diagnostic plus efficace et plus rapide pour cette population vulnérable.