Changements mammaires après la grossesse

Les années qui suivent une grossesse entraînent des changements spécifiques dans les seins. Une fois l'allaitement terminé, la glande mammaire passe par un processus de retour à son état d'avant la grossesse. Toutefois, cette période augmente aussi temporairement le risque de cancer du sein, en particulier chez les femmes ayant une prédisposition génétique à la maladie.

Étude sur un médicament connu

Une étude publiée dans Cancer Discovery a examiné la cabergoline, un médicament qui abaisse le taux de prolactine et peut arrêter la lactation. Les chercheurs ont cherché à savoir si ce médicament pouvait également influencer le risque de cancer du sein après la grossesse.

Expériences sur des souris

Les scientifiques ont testé la cabergoline sur des souris génétiquement prédisposées au cancer du sein. Une dose unique administrée après la lactation a retardé le développement des tumeurs et réduit leur apparition. Le médicament semblait également accélérer le retour de la glande mammaire à son état normal après le sevrage.

Analyse de femmes européennes

Pour vérifier si des effets similaires se produisaient chez l'humain, les chercheurs ont étudié deux grands groupes de femmes européennes. En Espagne, 27 467 femmes ont été suivies pendant dix ans après leur première grossesse, et 1 604 d'entre elles avaient utilisé de la cabergoline. Seuls deux cancers du sein ont été relevés dans le groupe ayant utilisé le médicament, contre 125 dans le reste du groupe.

Résultats combinés de deux études

En Norvège, 690 491 femmes âgées de 30 à 50 ans ont été étudiées. Si une réduction du risque a été observée, elle n'était pas statistiquement significative à elle seule. Lorsque les résultats des deux études ont été combinés, l'utilisation de la cabergoline était associée à un risque de cancer du sein inférieur de 69 %.

Nécessité de poursuivre les recherches

Bien que ces résultats soient encourageants, la cabergoline n'est pas encore recommandée comme traitement préventif. Les données proviennent d'études observationnelles, qui montrent un lien mais pas une cause directe. D'autres recherches sont nécessaires, notamment pour comprendre comment le médicament pourrait agir sur les différents types de cancer du sein et pour confirmer son efficacité chez les femmes à haut risque.