Des agriculteurs français manifestent contre les dégâts des sangliers et réclament une action urgente après des sécheresses historiques. Ils exigent des mesures administratives pour protéger cultures et bétail.
Les agriculteurs manifestent contre les dégâts causés par les sangliers
Plus de 50 agriculteurs se sont rassemblés devant plusieurs bâtiments administratifs locaux pour exprimer leur exaspération face aux dégâts causés par les sangliers, qu'ils jugent devenus insoutenables pour leurs exploitations. La manifestation fait suite à une sécheresse sévère qui avait déjà fragilisé leur activité agricole, rendant la situation encore plus difficile.Sécheresse et resemis à répétition
De nombreux agriculteurs ont resemé leurs prairies pour reconstituer leurs réserves de fourrage, mais dans certains secteurs, ces parcelles nouvellement semées ont rapidement été détruites. Certaines exploitations ont dû resemer les mêmes champs jusqu'à quatre fois, tandis que d'autres ont perdu une grande partie de leurs pâturages d'automne, aggravant encore leurs pertes.Une population de sangliers jugée incompatible
La FDSEA 43 et la JA 43, deux organisations agricoles, décrivent la situation comme une double épreuve pour les agriculteurs, qui se remettent déjà de la sécheresse. Elles affirment que les populations de sangliers ont atteint un niveau tel que l'exercice de l'agriculture devient impossible dans certains secteurs de la Haute-Loire, malgré la coopération de la plupart des chasseurs et leur conscience des difficultés.Appel à une action immédiate
Malgré des années de discussions et de groupes de travail, les agriculteurs affirment que les dégâts n'ont pas diminué. Ils réclament désormais des solutions concrètes plutôt que de nouvelles réunions ou des promesses. Une récente rencontre avec les autorités locales s'est soldée par une déception, l'État n'ayant pas pleinement mesuré la gravité de la situation ni apporté de réponses claires.Principales revendications pour réduire l'impact des sangliers
Les agriculteurs demandent des mesures immédiates, notamment la réduction des populations de sangliers par des tirs administratifs, des tirs de nuit et la chasse au loup. Ils souhaitent également que le sanglier soit classé parmi les espèces susceptibles de causer des dégâts, ce qui permettrait de recourir davantage au piégeage. Ils réclament en outre une interdiction totale de l'affouragement au grain, qui, selon eux, a aggravé les dégâts depuis l'assouplissement des règles.Indemnisation et obligations légales
La FDSEA 43 et la JA 43 rappellent aux autorités que le droit de chasse est accordé gratuitement à ceux qui le détiennent et qu'en contrepartie, la loi impose l'indemnisation des dégâts causés par le grand gibier. Depuis 2024, le seuil d'indemnisation est fixé à 150 euros de dégâts cumulés par exploitation et par saison de chasse, remplaçant l'ancien critère de 3 % de dommages.Donner la priorité à la production agricole
Les organisations insistent sur le fait qu'après une sécheresse historique, la priorité doit être de soutenir les agriculteurs qui nourrissent la région. Elles estiment que l'objectif doit désormais être de garantir la poursuite de la production agricole sans nouvelles perturbations.