Une attaque de loup récente déclenche une réunion d'urgence

Des élus, des syndicats agricoles et des éleveurs se sont réunis le 21 octobre dans le département de la Creuse pour discuter de la récente attaque de loup à Féniers, qui a tué sept moutons et en a blessé vingt. La réunion, initialement prévue, est devenue plus pressante en raison de cet incident, survenu dans la nuit du 15 au 16 octobre dans une exploitation appartenant au maire de Féniers.

Une hausse du nombre d'attaques dans la région

Selon la préfecture, dix attaques de loup ont eu lieu dans la Creuse depuis le début de 2026, entraînant la mort de 43 animaux et en blessant 13, sans compter la dernière attaque. Depuis 2021, le département a recensé 54 attaques et 262 animaux victimes de prédation, dont 172 tués et 90 blessés. Sur cette période, les indemnisations versées par l'État ont atteint 58 275,65 €.

Les éleveurs réclament des solutions plus rapides

Didier Duboclard, président de la Fédération départementale ovine, a insisté sur la nécessité de trouver rapidement des solutions, soulignant que la situation ne s'est pas améliorée malgré les efforts engagés. La nouvelle attaque de Féniers a ravivé un sentiment d'impuissance chez les éleveurs, qui se demandent combien de temps encore ils devront subir cette situation sans réponses efficaces.

Les difficultés des mesures de protection existantes

Les éleveurs touchés par la dernière attaque ont décrit la difficulté de maintenir les dispositifs de protection. Si les prairies sont souvent déjà clôturées, réinstaller l'ensemble du matériel représenterait un chantier important, sans garantir une protection totale. Ils dénoncent l'écart entre les mesures recommandées et les contraintes concrètes du terrain.

Entre manque de temps et manque de moyens

Les éleveurs peinent à savoir comment renforcer davantage la protection lorsque les clôtures sont déjà en place, comment consacrer plus de temps à leur entretien sans négliger les autres tâches de l'exploitation, et comment assurer la sécurité du troupeau face à un prédateur capable de contourner les dispositifs installés. Ils ont exprimé leur détresse : ils se réveillent et trouvent leurs moutons dispersés partout, et ne comprennent pas la situation dans laquelle ils se trouvent.

Des aides publiques pour les mesures de protection

La préfecture rappelle que les mesures de protection peuvent comprendre des clôtures fixes avec fils électriques, des filets mobiles, des chiens de protection et des bergers. Ces dispositifs sont financés à 80 % par l'État, avec une enveloppe de 200 000 € en 2026. Toutefois, les éleveurs estiment que ces aides ne résolvent pas tout, car elles ne compensent ni le temps passé à installer et entretenir le matériel, ni la charge de travail supplémentaire qu'ils engendrent.

Les éleveurs attendent plus qu'une aide financière

Didier Duboclard reconnaît qu'une exploitation ne peut pas être protégée à 100 %, mais il rejette l'idée que la réponse à la prédation repose essentiellement sur la capacité des éleveurs à s'adapter. Les éleveurs estiment qu'il ne suffit plus de recenser les équipements disponibles et de rappeler les aides financières. Ils attendent des mesures capables de répondre concrètement à la prédation et de préserver leurs conditions de travail.

L'avenir de l'élevage en question

À Féniers, la question dépasse largement le cadre d'une seule exploitation. Les éleveurs s'interrogent sur leur capacité à maintenir durablement leur activité face à la présence du loup. Selon eux, l'élevage est essentiel à la vie de ces territoires ruraux, mais ils ont le sentiment de devoir supporter seuls les conséquences de la présence du prédateur.

Le poids psychologique pour les éleveurs

Indemniser les animaux tués ne supprime ni les heures de travail perdues, ni les soins nécessaires aux survivants, ni les conséquences psychologiques des attaques. Les éleveurs décrivent un quotidien devenu infernal. Les visites de terrain des représentants de l'administration ont permis de mesurer les contraintes, les difficultés et le temps considérable consacré aux dispositifs de protection, dont l'efficacité reste contestée sur le terrain.

Le fardeau de la protection au quotidien

Derrière les mesures recommandées se cache une réalité que les réunions ne suffisent pas à traduire. Un filet mesure 50 mètres : il en faut au moins cinq ou six selon la taille de l'enclos. Il faut ensuite les transporter, les dérouler, les installer, les tendre, et recommencer chaque soir. Le lendemain, il faut refaire le chemin en sens inverse, démonter les installations et tout replier, parfois sur des parcelles difficiles, voire inaccessibles.

Une frustration profonde chez les éleveurs

Les éleveurs insistent : il faut venir et vivre cette situation pour en mesurer la charge. Ils se demandent comment faire face à ce fardeau supplémentaire nuit après nuit tout en assurant le reste du travail sur l'exploitation. Ils s'interrogent aussi sur la limite à partir de laquelle on ne peut plus multiplier les clôtures et les contraintes sans épuiser les éleveurs. Derrière ces questions, une frustration profonde se fait sentir : « Comment faire ? Que faire ? Faut-il abandonner ? »

Chercher des réponses concrètes

Reste à savoir quel suivi concret sera donné à ces échanges. À Féniers, les éleveurs ne veulent plus seulement que leurs difficultés soient entendues : ils veulent des réponses. Sur le plateau de Millevaches, le défi est désormais de protéger les troupeaux, mais aussi ceux qui rendent l'élevage possible.