Dans le département de la Corrèze, en France, les agriculteurs réclament une action urgente des autorités locales face à la menace persistante des loups. La FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitation Agricole) et les JA (Jeunes Agriculteurs) de Corrèze ont demandé au préfet d’activer une réserve réglementaire de 2 %, permettant un abattage supplémentaire de loups. Cette mesure porterait la limite nationale d’abattage de 21 % à 23 %, offrant ainsi aux éleveurs davantage de moyens pour protéger leur bétail. Cette demande intervient alors que 216 loups ont déjà été abattus sur les 227 autorisés au niveau national, soit plus de 93 % de la limite en vigueur. Les loups représentent un problème récurrent en Corrèze, où les cas de prédation se multiplient ces dernières années. En 2025, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) a recensé 87 attaques, entraînant la perte de 222 ovins, 6 bovins et 1 chien. En 2026, 56 signalements ont déjà été enregistrés, dont 27 évoquant une « responsabilité du loup non exclue », ayant causé la mort ou des blessures à 59 ovins et 4 bovins. Quatre autres cas, d’origine « indéterminée », concernaient 5 bovins. Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi auquel sont confrontés les éleveurs de la région. La présence des loups est désormais permanente en Corrèze, avec des meutes reproductrices et leurs petits désormais installées. Pour la FDSEA et les JA, il est donc crucial de donner aux agriculteurs les moyens d’agir sans délai, plutôt que d’attendre que la limite nationale d’abattage soit atteinte. Marie-France Forest, secrétaire générale de la FDSEA de Corrèze, a souligné que cette réserve de 2 % existe précisément pour éviter une interruption des capacités d’intervention. Elle a exhorté le préfet à l’activer sans attendre, afin d’éviter que les éleveurs ne se retrouvent sans protection une fois la limite actuelle épuisée. La FDSEA et les JA rejettent l’idée que la gestion de la limite nationale d’abattage doive freiner les mesures de défense ou limiter l’action des équipes de chasse aux loups. En Corrèze, où l’élevage en plein air est essentiel à la fois pour l’économie agricole et pour l’entretien des paysages, une action rapide est indispensable pour éviter que la prédation ne s’enracine davantage. Marie-France Forest a insisté sur le fait que la limite nationale ne doit pas devenir un obstacle à la protection du bétail, et que les éleveurs ne devraient pas être contraints d’attendre une attaque pour bénéficier d’un soutien. Les deux organisations appellent le préfet à maintenir toutes les possibilités de tirs de défense et à garantir la pleine mobilisation des équipes de chasse aux loups, en fonction de la situation actuelle de prédation.