Les responsables agricoles rencontrent les autorités

Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA 19, a rencontré le ministre de l'Agriculture ainsi que Xavier Vant, conseiller agricole du Président de la République, lors du Sommet de l'élevage le 8 octobre, afin d'aborder les défis auxquels est confronté le secteur agricole de la Corrèze. Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux majeurs, notamment la réglementation européenne contre la déforestation, les règles relatives aux haies, l'indemnisation de l'élevage, la gestion de l'eau et la prédation par le loup.

La réglementation sur la déforestation suscite des inquiétudes

Le règlement européen contre la déforestation (RDUE) préoccupe particulièrement la Corrèze, dont près de 45 % du territoire est couvert de forêts. La FDSEA soutient que ce règlement classe à tort la remise en culture de terres abandonnées comme une déforestation, ce qui freine le développement agricole. Elle demande que les exploitations corréziennes soient exclues du champ d'application du RDUE et que la version 2026 du formulaire CERFA pour les autorisations de déforestation soit retirée, en invoquant une insécurité juridique.

La compensation liée aux haies doit tenir compte des spécificités régionales

En ce qui concerne le Plan Haies, la FDSEA affirme que la règle « 1 pour 1 », qui impose de compenser la suppression d'une haie par de nouvelles plantations, ne peut pas être appliquée de manière uniforme sans prendre en compte les différences régionales. Elle plaide pour un système de compensation territorialisé, qui donne la priorité aux zones dépourvues de haies et évite des contraintes inutiles pour les agriculteurs qui restructurent leurs terres.

La gestion de l'eau et la sécheresse sont des enjeux urgents

La gestion de l'eau et la sécheresse constituent également des préoccupations importantes. La FDSEA demande la publication rapide des décrets d'application de la loi d'urgence agricole, afin de permettre la création de petites réserves d'eau dans les zones humides, indispensables à l'abreuvement des animaux, aux ressources fourragères en période de sécheresse et à la prévention des incendies. Elle souligne également le coût élevé de la remise en état des mares existantes, qui menace leur existence, et réclame des cadres réglementaires et financiers adaptés pour les préserver.

La prédation par le loup représente une menace directe

La prédation par le loup demeure une menace directe pour le bétail et pour l'avenir du pastoralisme en Corrèze. La FDSEA exige que le loup soit classé comme espèce chassable et que les tirs de régulation soient autorisés immédiatement après la première attaque sur un troupeau, sans attendre de nouvelles pertes. Elle réclame également une protection juridique pour les éleveurs qui utilisent des chiens de protection, ainsi qu'un système d'indemnisation révisé qui prenne pleinement en compte les pertes et les surcoûts causés par la prédation.

Les agriculteurs demandent des solutions concrètes

Emmanuel Lissajoux a souligné que les agriculteurs ont besoin de solutions concrètes plutôt que d'attendre de nouvelles attaques. Il a insisté sur la nécessité d'une approche globale pour répondre aux difficultés cumulées : revenus insuffisants, contraintes réglementaires, accès à l'eau, prédation et risques liés au climat, afin de garantir la pérennité de l'agriculture et la relève des générations futures.