Lors du Congrès national de l’économie circulaire à Nantes, centré sur la souveraineté industrielle, l’entreprise française Carbios a annoncé avoir réussi à produire des t-shirts à partir de polyester recyclé issu de déchets textiles complexes. Ce projet a été lancé en collaboration avec des marques reconnues comme Patagonia, PUMA et Salomon. Plusieurs industriels européens ont testé ce matériau recyclé à différentes étapes de la production textile, allant de la fabrication du polyester au filage, au tricotage, à la teinture et à la confection.
Le défi réside dans la composition même des textiles, souvent composés de polyester mélangé à d’autres fibres, teintures, élasthanne ou traitements. Cela rend difficile la récupération de polyester pur et sa transformation en un matériau de qualité comparable. Aujourd’hui, la majorité du polyester recyclé utilisé par les marques provient de bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate) plutôt que de vêtements usagés, faute de systèmes industriels structurés pour récupérer directement les matériaux à partir des vêtements.
Pour y remédier, Carbios mise sur un procédé enzymatique capable de traiter des déchets textiles complexes. Lors de la démonstration, les déchets ont été décomposés en leurs composants moléculaires avant d’être repolymérisés au Portugal pour produire plus d’une tonne de PET recyclé de qualité textile. Le matériau a ensuite été filé en Espagne, tricoté, teint et manufacturé en France à l’aide d’équipements industriels classiques.
Selon Carbios, les fibres obtenues affichent des performances mécaniques, une capacité de teinture et une résistance des couleurs comparables à celles du polyester vierge. Un point crucial pour les marques, car les matériaux recyclés doivent répondre à des normes techniques et être compatibles avec les équipements de production existants sans nécessiter de modifications majeures. Le recyclage est plus simple lorsque les déchets sont homogènes, mais les mélanges de fibres et les textiles soumis à plusieurs traitements restent plus difficiles à récupérer.
Carbios présente le recyclage enzymatique comme un complément au recyclage mécanique, et non comme un remplacement. Les deux procédés s’adressent à des types de déchets différents : le recyclage enzymatique se concentre sur le PET issu de flux de déchets complexes, plus difficiles à traiter mécaniquement.
Cette annonce s’inscrit dans la lignée des objectifs du congrès, qui vise à renforcer les capacités de recyclage industriel. Le Plan plastique du gouvernement français cherche à améliorer les performances de recyclage du pays, où seulement 26 % des emballages plastiques sont actuellement recyclés. Ce plan prévoit notamment des mesures pour optimiser la collecte, le tri, l’éco-conception, l’utilisation de matériaux recyclés et les capacités industrielles.
Le recyclage textile pose cependant des défis supplémentaires, car une partie de la chaîne d’approvisionnement reste peu développée. Collecter des vêtements usagés ne suffit pas si ceux-ci ne peuvent être triés par composition, préparés et acheminés vers des installations capables de récupérer efficacement le matériau.
La démonstration menée par Carbios et ses partenaires marque une avancée, prouvant que le polyester issu de déchets complexes peut être utilisé par plusieurs industriels européens sur des lignes de production standard. Toutefois, organiser des volumes de déchets suffisants, trouver des débouchés pour le matériau produit et investir dans le déploiement restent des défis de taille. Cela rejoint le thème du congrès, qui souligne que transformer les déchets en une ressource industrielle exige à la fois des capacités de recyclage et une infrastructure pour les réintégrer dans la production – un chantier qui ne fait que débuter pour le secteur textile.
Percée dans le recyclage textile démontrée à la Conférence sur l'économie circulaire
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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