Une raffinerie transforme les déchets plastiques en pétrole

Une raffinerie de Grandpuits, en Île-de-France, transforme depuis mars 2026 des déchets plastiques en huile grâce à un procédé appelé pyrolyse. Cette méthode chauffe à haute température, en l'absence d'oxygène, des matières usagées telles que les films souples et les emballages complexes du bac jaune, afin de produire une huile de synthèse, qui est ensuite craquée pour redevenir du polymère. TotalEnergies, l'entreprise exploitant le site, affirme que le produit obtenu a une qualité compatible avec le contact alimentaire.

Un approvisionnement garanti par des contrats à long terme

L'approvisionnement de la raffinerie en déchets plastiques est garanti par un contrat à long terme signé en 2023 avec Citeo et Paprec, portant sur une capacité de 15 000 tonnes par an. Cela assure un flux régulier de matières pour le fonctionnement de la raffinerie, lui permettant de maintenir ses niveaux de production.

TotalEnergies rachète la participation de Plastic Energy

Le 11 septembre, TotalEnergies a annoncé qu'elle reprendrait les 35 % détenus par l'entreprise britannique Plastic Energy, qui avait fourni la technologie. Plastic Energy avait toutefois été placée sous administration judiciaire en mai, en raison d'un manque de liquidités, selon Actu-Environnement. Elle en est sortie en août, sous une gouvernance révisée.

L'autre usine de Plastic Energy aux Pays-Bas

L'autre site industriel de Plastic Energy, situé à Chemelot, aux Pays-Bas, fonctionne avec la société saoudienne Sabic. Ce partenariat illustre la portée internationale des activités de l'entreprise, avant ses difficultés financières et sa restructuration.

Un secteur confronté à des défis

L'ensemble du secteur fait face à des difficultés, notamment la volatilité des prix du plastique vierge et des réglementations incertaines. Malgré ces problèmes, TotalEnergies a repris l'usine, dans le but de transformer Grandpuits en une plateforme sans pétrole brut, axée sur les biocarburants et le recyclage. Laisser cette usine pionnière dans l'incertitude aurait affaibli toute la vitrine, selon l'entreprise.

Un impact limité sur les déchets plastiques nationaux

Les 15 000 tonnes de plastique traitées chaque année représentent moins de 0,3 % des quelque 5,5 millions de tonnes d'emballages ménagers mis sur le marché en France en 2024. Selon l'AFP, la production de l'usine remplit au maximum un camion de pétrole par jour. Citeo reconnaît que seuls 30 % des emballages plastiques ménagers sont actuellement recyclés.

Les critiques s'interrogent sur le procédé

Les opposants soutiennent que ce procédé est gourmand en énergie et coûteux. Dans un rapport publié en 2023, Zero Waste Europe estimait que, dans le meilleur des cas, seuls 2 % des déchets entrant dans la pyrolyse redeviennent réellement du plastique. Pour les critiques, cela entretient une illusion : celle d'une matière recyclable à l'infini, qui dispenserait de réduire les déchets à la source.

Les réglementations européennes soutiennent le recyclage chimique

Les États membres ont toutefois fait leur choix. En février 2026, les Vingt-Sept ont accepté que le recyclage chimique soit comptabilisé dans le taux obligatoire de matière recyclée des bouteilles plastiques. Les objectifs européens fixés pour 2030 créeront une demande que le recyclage mécanique, limité pour les usages alimentaires, aura du mal à satisfaire seul.

Grandpuits, une option pour l'avenir

Grandpuits n'est donc ni une solution miracle ni une fraude. C'est une option pour l'avenir. TotalEnergies parie que la molécule recyclée deviendra une obligation avant de devenir un marché. Une question demeure, à laquelle l'usine ne répondra pas : peut-on confier la fin de vie du plastique à ceux qui ont organisé sa naissance ?