L'engagement des jeunes en France

Des lycéens français bloquent leurs établissements depuis la mi-septembre, avec le soutien des syndicats enseignants. Ils réclament le remplacement des professeurs absents et dénoncent le mauvais état des installations scolaires.

Expansion de la réserve et recul du bénévolat

Le pouvoir exécutif prévoit de doubler le nombre de réservistes d'ici 2035. Dans le même temps, le tissu associatif, traditionnellement soutenu par les retraités, pourrait peiner en raison de journées de travail plus longues et d'une participation bénévole en baisse.

Militantisme numérique et mouvements mondiaux

L'engagement des jeunes passe souvent par internet, avec des pratiques numériques centrées sur des causes qui leur tiennent profondément à cœur. Des mouvements comme #MeToo et #BlackLivesMatter ont sensibilisé l'opinion et conduit à des évolutions juridiques, illustrant l'impact de l'activisme virtuel.

Un changement dans les formes d'engagement

Les sociologues constatent un passage d'un engagement durable, fondé sur une organisation, à une participation ponctuelle, motivée par les besoins. Cet engagement « post-it » contraste avec le modèle antérieur, dit « timbre », d'un investissement continu au sein de groupes comme la Croix-Rouge.

Une nouvelle ère de l'engagement des jeunes

Claire Thoury, sociologue et autrice de S'engager. Comment les jeunes se mobilisent face aux crises, estime que ce changement ne traduit pas un individualisme. Les jeunes se mobilisent autour de grandes causes comme le changement climatique et l'égalité, en recherchant des résultats concrets et rapides.

La mobilisation des salariés au sein des entreprises

Les personnes en âge de travailler s'engagent de plus en plus par l'intermédiaire de leur entreprise, souvent à travers le mécénat de compétences proposé par les services RH ou les programmes RSE. Cette démarche offre aux seniors une transition en douceur vers une retraite active, et permet aux entreprises de démontrer leur sens des responsabilités.

Des formes d'engagement variées

Tous les actifs ne s'engagent pas de la même manière. Certains sont « engagés par contrainte », au prix de leur temps personnel, tandis que d'autres sont « engagés fantômes » ou « engagés clandestins », participant à l'insu de leur employeur. Les entreprises pourraient devenir des piliers de la résilience nationale dans un monde plus difficile.

Recul de l'engagement des seniors

Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent une source d'engagement moins importante, leur participation étant passée de 72 % en 2010 à 55 % en 2021. Le bénévolat associatif a fortement reculé, passant de 37 % à 24 % sur la même période.

L'avenir de l'engagement

Avec le recul du bénévolat traditionnel, l'intelligence artificielle et la réduction du temps de travail pourraient conduire à un revenu universel et à une « carrière d'engagement ». Cet avenir supposerait une meilleure reconnaissance des compétences, un encadrement juridique et un accompagnement médical prolongé. Si la religion revient en temps de crise, l'engagement caritatif pourrait lui aussi renaître, avec une dimension morale.