La France enregistre un record de 83 430 nouvelles associations en un an, mais l'engagement bénévole et l'emploi dans le secteur reculent.
Nombre record d'associations créées
Un nombre record d'associations ont été créées en France, avec 83 430 nouvelles organisations enregistrées entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, soit une hausse de 12 % sur un an. Ce chiffre dépasse le précédent record, établi lors de la période 2014-2015.Bénévolat stable, mais engagement de noyau en recul
Le nombre de bénévoles reste stable, à un quart de la population, mais le noyau des personnes les plus engagées s'érode. Les associations employeuses ont perdu près de 4 000 salariés en 2025, et six sur dix estiment que leur situation financière est difficile.Vague de créations dans tous les secteurs
La vague de créations d'associations ne se limite pas à un seul trimestre : le deuxième trimestre 2026, avec plus de 22 000 créations, dépasse le premier trimestre, habituellement le plus fécond de l'année. La croissance touche plusieurs secteurs : les associations culturelles, sportives et de loisirs enregistrent une hausse d'environ 10 %, tandis que les associations d'intervention sociale, d'information et de communication, de défense des droits humains, les associations amicales et les groupes d'entraide connaissent des hausses comprises entre 20 % et 30 %.Variations régionales de la croissance associative
Le mouvement est largement répandu sur le territoire, seuls neuf départements enregistrant une baisse. La carte des densités de créations confirme une spécificité du Sud, avec une moyenne nationale de 11,2 créations pour 10 000 habitants. La Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, ainsi que huit autres départements, affichent des taux de création plus faibles en raison d'exigences juridiques locales.Évolution des modes d'engagement bénévole
Le bénévolat reste stable : un quart des Français âgés de 15 ans et plus donnent de leur temps librement à une association. Toutefois, les modes d'engagement évoluent : la participation occasionnelle progresse, passant de 4,5 % à 6 % de la population, tandis que l'engagement hebdomadaire recule, de 12,5 % à 10 %. Le noyau des bénévoles très engagés a diminué d'un point de population, soit environ 500 000 personnes, en un an.Renouvellement générationnel de l'engagement associatif
Un renouvellement générationnel est à l'œuvre : les 15-24 ans affichent un taux d'engagement de 24 %, contre 16 % en 2010, et les 25-34 ans de 27 %, contre 15 %. En revanche, l'engagement des plus de 65 ans est passé de 38 % à 28 % en seize ans.Inégalités éducatives dans l'adhésion associative
Les inégalités éducatives persistent : 57 % des diplômés d'un niveau supérieur à la licence adhèrent à une association, contre 32 % des personnes dont le niveau est inférieur au baccalauréat. L'écart se retrouve également dans le bénévolat, avec 32 % des personnes très diplômées qui sont bénévoles, contre 17 % des personnes moins diplômées.Recul de l'emploi associatif
L'emploi associatif s'établit à 1,93 million de salariés, en baisse de 0,2 % après quatre années de croissance, soit environ 4 000 salariés de moins. Le recul est plus marqué en comparant les derniers trimestres de 2024 et de 2025, avec environ 11 000 emplois en moins sur un an. Les secteurs de la santé et de l'hébergement social affichent une légère croissance, tandis que l'éducation, le sport et l'aide à domicile connaissent des baisses.Moral en baisse chez les employeurs associatifs
Le moral des employeurs se dégrade : six employeurs associatifs sur dix jugent leur situation financière difficile, et près d'un sur cinq la juge très difficile. Les préoccupations sont avant tout financières, citées par 70 % des employeurs, suivies de l'évolution des politiques publiques, mentionnée deux fois plus souvent. Seuls 22 % des employeurs estiment que leurs financements correspondent à leur projet associatif, contre 40 % des associations sans salarié.Perspectives sombres pour l'avenir
Les perspectives pour les mois à venir sont sombres : 58 % des dirigeants employeurs anticipent des mois difficiles, contre 45 % qui considèrent déjà leur situation actuelle comme difficile. La part de ceux qui font face à des difficultés, sur l'ensemble de la situation, les finances et le bénévolat, est passée de 18 % à 23 % en un an. Elle atteint 31 % chez les structures employant 50 salariés ou plus, et 26 % dans les territoires ruraux fragiles.Forces et défis des associations
La principale force des associations reste la pertinence de leurs projets pour répondre aux besoins publics, suivie de la motivation des salariés et de leur ancrage territorial. Les difficultés découlent avant tout de conditions économiques et institutionnelles, et non d'un manque de pertinence des projets.Recul des contrats et vieillissement des effectifs
Les associations d'éducation populaire, relevant du code 9499Z, connaissent un recul des contrats couverts par la convention collective ÉCLAT : 140 540 contrats en 2025, contre 143 980 en 2023, soit une baisse de 2,4 %. Le profil de ces associations est plus jeune que celui de l'ensemble du secteur, avec 38 % de moins de 35 ans, et la part des contrats à durée indéterminée augmente légèrement. Les contrats d'apprentissage au sein des associations ont connu un premier recul de 0,6 % en 2025. Par ailleurs, près de la moitié des 141 000 contrats d'aide à domicile concernent des salariés âgés de 50 ans ou plus, dont 16 % ont atteint 60 ans.