Les start-up françaises de l'informatique quantique se disputent la première place mondiale

Les start-up françaises spécialisées dans l'informatique quantique, Pasqal, C12 et Quandela, rivalisent pour prendre la tête de la course mondiale au développement d'ordinateurs quantiques universels et tolérants aux fautes. Chaque entreprise utilise une technologie différente (atomes neutres, nanotubes de carbone et qubits photoniques) pour faire avancer le domaine.

La stratégie et le financement de la France en matière de quantique

Au cours des cinq dernières années, la France a investi 1,8 milliard d'euros dans les technologies quantiques, dont 1,5 milliard d'euros provenant de fonds publics. La Cour des comptes française indique que cet investissement a renforcé la position scientifique du pays et contribué à la construction d'un écosystème industriel en pleine croissance.

La part de marché mondiale des start-up françaises

Selon des rapports gouvernementaux, les start-up et les petites et moyennes entreprises françaises du secteur quantique détiennent 20 % de la part de marché mondiale. Ces entreprises participent au programme PROQCIMA, soutenu par le ministère des Armées, qui vise à construire deux ordinateurs quantiques dotés de 1 000 qubits logiques d'ici 2032.

Le besoin de capitaux et de partenariats

Fanny Bouton, responsable quantique chez OVHcloud et cofondatrice de France Quantum, affirme que le secteur se trouve à un moment critique. Elle estime que les start-up françaises disposent d'une « fenêtre d'opportunité de deux ans » pour lever 300 millions d'euros de financements afin de rester compétitives face aux leaders mondiaux que sont la Chine et les États-Unis.

Le succès et la feuille de route de Pasqal

Pasqal, cofondée par le physicien Alain Aspect, lauréat du prix Nobel, est entrée en bourse au Nasdaq avec une valorisation d'environ deux milliards de dollars. L'entreprise exploite sept ordinateurs quantiques dans le monde et vise à atteindre 100 qubits logiques affichant un taux d'erreur très faible d'ici 2029.

Les qubits à nanotubes de carbone de C12

C12, cofondée par les frères jumeaux Pierre et Mathieu Desjardins, utilise des qubits de spin sur nanotubes de carbone. La feuille de route de l'entreprise comprend quatre générations de processeurs, chacune portant le nom d'une divinité grecque, avec pour objectif d'atteindre plus de 100 000 qubits physiques d'ici 2033.

L'approche photonique de Quandela

Quandela se concentre sur l'informatique quantique photonique, qui utilise des photons comme qubits. Contrairement aux puces supraconductrices traditionnelles, les qubits photoniques peuvent fonctionner à température ambiante. L'entreprise a levé 65 millions d'euros et a récemment présenté une plateforme hybride combinant processeurs quantiques et processeurs graphiques.

Collaborations industrielles et applications

Les start-up françaises du quantique travaillent avec divers secteurs industriels. C12 collabore avec Air Liquide, Thales et Dassault Aviation sur des simulations chimiques, le radar et la modélisation aérospatiale. Quandela travaille avec Orange et Safran Tech sur la cybersécurité et l'aéronautique, tandis que Pasqal s'associe à EDF, Crédit Agricole, CMA CGM et BMW dans les domaines de la science des matériaux, de la finance et de l'énergie.

Des voies différentes vers l'avantage quantique

Chaque entreprise poursuit une approche différente pour atteindre l'avantage quantique, avec des technologies et des objectifs variés. L'écosystème quantique français est perçu comme unique, plusieurs voies technologiques coexistant et pouvant converger vers des solutions industrialisables.