L’entreprise française de calcul quantique Pasqal a décidé de quitter le projet militaire gouvernemental Proqcima, qui vise à développer des ordinateurs quantiques en France. Cette initiative, lancée par le ministère des Armées, cherche à concevoir des machines capables d’effectuer des calculs complexes bien au-delà des capacités des ordinateurs traditionnels. Selon La Tribune, la décision d’exclure Pasqal du programme a été prise par l’État, avec l’aval de l’Élysée (la résidence officielle du président français) et de Matignon (le siège du gouvernement). Cette mesure intervient après l’introduction en Bourse de Pasqal sur le Nasdaq, une grande place financière américaine, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des technologies et de la propriété intellectuelle françaises. Les ordinateurs quantiques sont considérés comme une technologie clé pour l’avenir, avec des applications potentielles dans des domaines tels que la cryptographie (la science de la sécurisation des informations), les simulations pour la recherche scientifique et l’intelligence artificielle. La France souhaite développer cette technologie de manière indépendante, sans dépendre de puissances étrangères comme les États-Unis ou la Chine. Cinq entreprises françaises, dont Pasqal, avaient été sélectionnées pour participer à Proqcima, avec un financement initial de 60 millions d’euros. L’objectif est de disposer de deux prototypes d’ordinateurs quantiques avancés d’ici 2032. Plus tôt cette année, le gouvernement français avait mis en garde Pasqal : son introduction sur le Nasdaq pourrait compromettre sa participation à des projets militaires. Selon La Tribune, plusieurs ministères avaient collaboré pour proposer à Pasqal un nouveau financement public, à condition que l’entreprise retire sa cotation aux États-Unis. Pasqal a refusé cette offre. L’entreprise a donc choisi de quitter le programme Proqcima dans le cadre d’une nouvelle stratégie axée davantage sur les applications commerciales que sur les projets militaires ou gouvernementaux.