Une nouvelle étude renforce l’idée selon laquelle l’alimentation joue un rôle crucial dans le maintien de la santé cérébrale. Le psychiatre Guillaume Fond a souligné dans un entretien que « Ce que nous mettons dans nos assiettes est le carburant de notre corps, de notre cerveau, donc de notre état mental », mettant en lumière le lien étroit entre nutrition et bien-être psychique. Selon cette recherche, 80 % des cerveaux pourraient être affectés par une mauvaise alimentation en raison des habitudes alimentaires modernes, le cerveau étant étroitement lié au reste de l’organisme. L’étude, menée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université Zhejiang et leurs homologues américains, a exploré la relation entre l’alimentation et le vieillissement cérébral. Elle s’est concentrée sur le régime MIND, un plan alimentaire conçu pour favoriser la santé du cerveau. Le régime MIND, acronyme de Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay (intervention méditerranéenne-DASH pour le retard de la neurodégénérescence), combine des éléments du régime méditerranéen et du régime DASH. Il encourage la consommation de légumes verts à feuilles, de baies, de noix, de céréales complètes, de poisson, de légumineuses, de volaille et d’huile d’olive, tout en déconseillant le beurre, le fromage, la viande rouge, les sucreries et les aliments ultra-transformés. Les chercheurs ont analysé les données de près de 2 000 participants de la cohorte de Framingham, suivis pendant plus de douze ans au moyen de questionnaires alimentaires et d’IRM cérébrales répétées. Ils ont constaté que les personnes qui suivaient de près le régime MIND présentaient un ralentissement de la perte de matière grise, équivalent à environ 2,5 années de moins de vieillissement cérébral sur la période de 12 ans. L’étude indique qu’une plus grande adhésion au régime MIND est associée à un ralentissement de l’atrophie structurelle du cerveau, notamment en ce qui concerne la perte de matière grise et l’augmentation du volume des ventricules. Ces résultats soutiennent le potentiel du régime MIND comme stratégie pour protéger la santé cérébrale et retarder les changements liés à l’âge dans le cerveau. La recherche met également en avant l’importance de certains aliments dans le ralentissement de la dégradation de la matière grise, essentielle pour la mémoire, l’apprentissage, la prise de décision et le traitement de l’information. Les baies et la volaille se sont révélées particulièrement bénéfiques, car elles sont riches en antioxydants et en protéines de haute qualité, ce qui peut réduire le stress oxydatif et aider à protéger les cellules cérébrales. L’étude suggère que des ajustements alimentaires simples, comme privilégier la volaille à la viande rouge ou réduire la consommation de sucreries et d’aliments frits, pourraient contribuer à une meilleure santé cérébrale.