Conflits persistants en Afrique

En octobre 2026, des villages abandonnés, des villes disputées et des familles contraintes d’abandonner tous leurs biens restent une réalité dans plusieurs régions d’Afrique, alors que les conflits continuent d’avoir des répercussions bien au-delà des lignes de front. Du Soudan à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en passant par le Sahel et la Corne de l’Afrique, les combats persistent, les accords de paix peinent à produire des résultats, et les populations civiles paient le prix le plus lourd.

La guerre en cours au Soudan

Au Soudan, une guerre déclenchée en avril 2023 entre l’armée régulière, dirigée par Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR), menées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemetti, reste l’une des crises les plus meurtrières du continent. Le conflit a bouleversé Khartoum, le Darfour et d’autres régions, avec une frappe de drone dans l’État du Nil Bleu en octobre ayant fait 30 morts parmi des déplacés, majoritairement des femmes et des enfants.

Crise humanitaire au Soudan

Le bilan humain de ce conflit est effroyable : environ 13 millions de personnes ont fui leur foyer, et plus de 30 millions de Soudanais ont besoin d’assistance humanitaire en 2026, selon les chiffres rapportés par les Nations unies et l’Associated Press. Le nombre de morts serait compris entre 60 000 et 150 000 personnes au moins, tandis que la faim, les déplacements forcés et l’effondrement des services essentiels aggravent encore la crise.

Conflit dans l’est de la RDC

Dans l’est de la RDC, la paix reste une promesse. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les combats entre les forces congolaises et l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL/M23) se poursuivent malgré les initiatives diplomatiques. Le mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes territoires, et les récentes tentatives de l’Union africaine et des États-Unis n’ont pas mis fin aux affrontements.

Impact humanitaire en RDC

Le 9 octobre, le coordinateur humanitaire des Nations unies en RDC, Damien Mama, a indiqué que plus de 6,1 millions de personnes avaient été déplacées par les conflits et la violence dans le pays, et que plus de 26 millions de personnes faisaient face à une insécurité alimentaire. Plus de 4 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition, tandis que les dégâts matériels incluent des habitations, des écoles et des hôpitaux détruits.

Activité terroriste au Sahel

Au Sahel, les foyers terroristes restent actifs. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les armées nationales continuent de lutter contre des groupes terroristes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Le 6 octobre, l’armée malienne a repris le contrôle de Kidal après six mois de siège rebelle, marquant un succès politique pour les autorités militaires.

Déplacements au Sahel

Le coût humain du terrorisme au Sahel reste considérable, avec près de quatre millions de personnes déplacées au Burkina Faso, au Mali et au Niger, dont plus de 818 000 réfugiés et demandeurs d’asile. Les morts se comptent par dizaines de milliers, et le conflit déborde des frontières du Sahel pour toucher des pays côtiers comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin.

Tensions régionales en Éthiopie

En Éthiopie, le spectre d’une nouvelle guerre régionale plane. Depuis le 23 septembre, les forces fédérales et des combattants liés au Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) s’affrontent à nouveau, une seule vague de frappes aériennes nocturnes en octobre ayant fait au moins 17 morts. L’Éthiopie accuse l’Érythrée d’avoir laissé entrer des troupes au Tigré, ce qu’Asmara dément, suscitant des craintes d’une escalade régionale.

Risques d’escalade en Éthiopie

Le 10 octobre, l’Érythrée a soumis une demande au Conseil de sécurité des Nations unies, demandant des mesures contre ce qu’elle considère comme des menaces éthiopiennes. La question de l’accès à la mer, revendiquée par l’Éthiopie, constitue également un point de friction entre les deux pays. Une escalade entre ces voisins représenterait un risque supplémentaire pour une région déjà éprouvée par la guerre du Tigré entre 2020 et 2022, qui aurait fait entre 100 000 et 600 000 morts.

Défis communs des conflits africains

Ces conflits n’ont ni les mêmes origines ni les mêmes acteurs. Certains opposent des armées à des mouvements rebelles, d’autres mêlent des insurrections terroristes, des rivalités territoriales et des tensions entre États. Pourtant, ils ont un point commun : les solutions militaires seules n’ont pas permis d’instaurer une sécurité durable.