Le dirigeant du TPLF revendique des victoires tactiques

Un mois après la reprise des combats dans le nord de l'Éthiopie, le dirigeant du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), Debretsion Gebremichael, a déclaré le 22 octobre 2026 que ses forces poursuivaient les affrontements contre l'armée fédérale et avaient remporté récemment des victoires tactiques. Dans un discours diffusé par la télévision locale du Tigré, il a assuré que les combattants tigréens continuaient de résister, malgré les revers militaires subis par le mouvement.

Le gouvernement reprend le contrôle de Mekele

Le gouvernement éthiopien avait en effet repris le contrôle de Mekele, la capitale régionale, le 4 octobre, ainsi que plusieurs positions stratégiques. Toutefois, les forces du TPLF se sont retirées de la ville, sans que les combats ne cessent dans les zones rurales. La semaine dernière, le TPLF a également affirmé avoir neutralisé plusieurs centaines de soldats fédéraux lors d'affrontements dans le nord et le centre du Tigré. Ce chiffre, communiqué par le mouvement, reste à confirmer de manière indépendante.

Reprise des hostilités à grande échelle

Les hostilités ont repris à grande échelle le 22 septembre 2026, après plusieurs semaines de tensions et d'affrontements dans le nord de l'Éthiopie. L'escalade militaire a encore affaibli l'accord de Pretoria, signé le 2 novembre 2022 sous l'égide de l'Union africaine afin de mettre fin à la guerre entre les forces fédérales éthiopiennes et le TPLF. Les combats se sont étendus à plusieurs zones frontalières du Tigré, de l'Amhara et de l'Afar. Le mouvement tigréen et les autorités fédérales s'accusent mutuellement d'avoir initié les hostilités.

Un conflit enraciné dans la lutte politique

Le conflit s'inscrit dans une longue lutte de pouvoir entre le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed et le TPLF, qui a dominé la vie politique éthiopienne pendant près de trois décennies au sein de la coalition au pouvoir, avant l'arrivée d'Abiy Ahmed au pouvoir en 2018. Les tensions se sont intensifiées en 2020, lorsque le gouvernement fédéral a reporté les élections nationales en raison de la pandémie de Covid-19. Le TPLF a contesté cette décision, estimant que le pouvoir central perdait sa légitimité, puis a organisé des élections régionales au Tigré malgré l'opposition des autorités fédérales.

Offensive militaire et crise humanitaire

Les relations entre les deux camps se sont alors fortement dégradées. Le 4 novembre 2020, le gouvernement éthiopien a lancé une offensive militaire au Tigré, après avoir accusé les forces tigréennes d'avoir attaqué une base militaire fédérale. Le TPLF a contesté la version des faits présentée par les autorités. Le conflit de 2020 à 2022 a provoqué une catastrophe humanitaire et humaine. Les combats ont impliqué les forces fédérales éthiopiennes, les forces tigréennes, les forces érythréennes et des combattants originaires d'autres régions du pays.

Cessez-le-feu et défis non résolus

Après deux années de violences, un accord de cessez-le-feu a été signé à Pretoria, en Afrique du Sud, le 2 novembre 2022, sous l'égide de l'Union africaine. Le bilan humain reste difficile à établir avec précision. Certaines estimations évoquent plusieurs centaines de milliers de morts, notamment en raison des combats, de la famine et du manque d'accès aux soins médicaux. Plusieurs rapports estiment que le conflit a causé entre 600 000 et 800 000 décès. La guerre a également provoqué le déplacement massif de la population. Des millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, tandis que les besoins humanitaires sont restés importants après la signature de l'accord de paix.