L'érosion côtière a profondément modifié la Langue de Barbarie, une péninsule sableuse près de Saint-Louis, au Sénégal, qui sépare l'océan de la dernière partie du fleuve Sénégal. Dans le quartier de pêche de Guet Ndar, situé à Saint-Louis, des centaines de mètres de littoral ont disparu au cours des dernières années. La création de la brèche de Saint-Louis en 2003, une ouverture artificielle dans la péninsule visant à prévenir les inondations, a aggravé l'érosion et l'immersion. En conséquence, des habitations ont été détruites, des familles ont été déplacées et certains résidents se sont éloignés de leur environnement traditionnel. Malgré cela, de nombreux déplacés continuent de maintenir un lien fort avec Guet Ndar, revenant souvent dans la région.
Le pêche à Guet Ndar était initialement centrée sur le fleuve mais s'est progressivement déplacée vers la mer, en particulier depuis le XIXe siècle. Cette transition a rendu les habitants de Guet Ndar des marins habiles et des pêcheurs migrateurs qui parcouraient les côtes à la recherche de ressources. Aujourd'hui, les canots de pêche doivent naviguer plus loin pour trouver du poisson, certains pêcheurs allant même jusqu'à la haute mer ou jusqu'à des pays voisins comme la Mauritanie et la Gambie. Une étude universitaire souligne que cette mobilité est une caractéristique définissante de la communauté, façonnée par la diminution des ressources maritimes et la recherche de nouveaux territoires de pêche. Cependant, ce mouvement accru a également apporté de nouveaux risques, notamment des accidents maritimes, des conditions météorologiques difficiles, des conflits avec de grands navires industriels, et un intérêt croissant des jeunes à ne plus considérer le pêche comme une profession.
La brèche, connue localement sous le nom de "Beulbeu", a eu des conséquences sévères, notamment l'immersion d'environ huit hectares de terre, le déplacement de personnes, des changements dans les pratiques de pêche, et une vulnérabilité accrue. Plus de 500 pêcheurs ont été affectés par cette brèche. La région a également été touchée par le début de l'exploration pétrolière au large de Saint-Louis, en particulier le projet de gaz Grand Tortue Ahmeyim (GTA), qui a réduit les zones de pêche accessibles d'environ 3,24 km², dont 1,6 km² situés au Sénégal. Les campagnes sismiques, qui ont commencé en 2014 sans consulter les communautés locales, ont perturbé les itinéraires de pêche traditionnels et réduit les zones de pêche disponibles, affectant de manière disproportionnée les femmes qui traitent le poisson, souvent les premières à souffrir de ces changements.
Fama Sarr, secrétaire adjoint du conseil local de la pêche artisanale (CLPA) à Saint-Louis, appelle à une participation réelle de la communauté dans les décisions concernant leur espace maritime. Le sociologue Abdoulaye Sène souligne l'importance de définir qui pêche, où et dans quelles limites, car la pêche artisanale partage désormais les eaux avec des bateaux de dragage, des navires industriels, des installations pétrolières et des défis environnementaux. La Langue de Barbarie elle-même est devenue une zone fragile, avec Saint-Louis parmi les régions les plus exposées à l'érosion côtière et au niveau de la mer en hausse.
Mamadou Sarr, un jeune pêcheur, affirme que la mer représente le territoire pour sa communauté. Lui et d'autres espèrent que les revenus issus de l'exploitation des hydrocarbures pourront aider les communautés touchées à s'adapter, à passer à de nouvelles formes d'activité et à moderniser la pêche artisanale. Pape Samba Sow, artiste et écrivain à Saint-Louis, souligne que l'eau reste la seule ressource pour les habitants de Guet Ndar et met en évidence l'épuisement de l'envoi des enfants à l'étranger à la recherche d'opportunités meilleures.
L'érosion côtière et les projets pétroliers menacent la communauté de pêcheurs de Guet Ndar, au Sénégal
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
coastal-erosionfishing-communitiessenegalenvironmental-impacthydrocarbonsdisplacement


