Ghionga précise sa position sur l'autonomie de la Corse

Pierre Ghionga, président du groupe Un’Altra Strada à l’Assemblée de Corse, a précisé sa position après le rejet par le Sénat d’un projet de loi constitutionnelle visant à accorder à la Corse une plus grande autonomie. Il insiste sur le fait que ce texte résultait d’un consensus entre les nationalistes corses et des élus progressistes, issus de la droite comme de la gauche, et il se définit comme un autonomiste, et non comme un nationaliste.

Principes clés de l’autonomie corse proposée

Pierre Ghionga expose plusieurs principes fondamentaux de l’autonomie corse, notamment la reconnaissance du peuple corse comme partie intégrante du peuple français, un pouvoir législatif de la Collectivité de Corse dans les domaines transférés, un statut fiscal spécifique, le statut officiel de la langue corse et un statut de résident. Ces éléments constituent le socle de l’autonomie qu’il propose.

Définition du peuple corse

Pierre Ghionga explique que le peuple corse se définit par une langue, une culture et un attachement à l’île partagés, et non par l’origine ou le sang. Selon lui, toute personne qui adopte la langue et la culture corses, ainsi que le lien à la terre, peut être considérée comme faisant partie du peuple corse. Il préfère également l’expression « peuple corse » au terme « communauté » dans le texte constitutionnel.

Modifications constitutionnelles proposées et modèle de référence

Pierre Ghionga suggère que la Corse dispose d’un titre spécifique dans la Constitution française ou relève de l’article 74, qui traite des collectivités territoriales. Il cite le modèle du Land allemand, un cadre institutionnel qui garantit des compétences, et souligne l’importance d’une autonomie structurée.

Restructuration proposée de l’administration corse

Pierre Ghionga préconise la suppression des deux départements corses, ainsi que de leurs préfectures et sous-préfectures, qui seraient remplacés par un haut-commissaire de la République. Il propose neuf territoires élisant une Chambre des territoires composée de 40 élus, soit quatre par territoire, à l’exception de Bastia et d’Ajaccio, qui en auraient six chacun. Cette nouvelle assemblée fonctionnerait aux côtés de l’actuelle Assemblée de Corse, qui serait réduite à 51 membres.

Justification des réformes proposées

Pierre Ghionga soutient que ces réformes rapprocheraient les décisions des citoyens et simplifieraient l’administration publique en supprimant les doublons entre l’État et la Collectivité de Corse. L’État conserverait toutefois des responsabilités essentielles, comme la justice, la défense et les affaires étrangères. Il insiste sur le fait que l’autonomie qu’il réclame ne constitue pas une rupture avec la France, mais une amélioration de la relation avec elle.

Avenir incertain de la proposition d’autonomie

Le rejet du projet de loi constitutionnelle par le Sénat laisse incertain l’avenir de la proposition d’autonomie. Pierre Ghionga exhorte le gouvernement à relancer le dialogue afin de tenir sa promesse d’autonomie. Si cela ne se produit pas, il suggère que le projet pourrait être validé par référendum.