Opposition publique au projet de ligne électrique

Le 19 septembre, 2 500 personnes, dont 140 élus, se sont rassemblées au Théâtre antique d'Arles pour s'opposer au projet de ligne électrique aérienne de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, et Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Ce projet fait l'objet depuis trois ans d'une forte contestation de la part d'élus locaux, d'associations environnementales, d'agriculteurs et de professionnels du tourisme, sur un territoire exceptionnel et fragile : la Terre d'Argence, la Crau et la Camargue.

Le gouvernement autorise l'enquête préalable

Le gouvernement a toutefois décidé d'aller de l'avant en autorisant, le 13 octobre, l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique (DUP) du projet. L'enquête doit débuter le 9 novembre et durer un mois.

Le collectif dévoile sa stratégie

Le collectif Stop-THT 13/30, qui regroupe 37 associations et des milliers de personnes, a pris le temps de réagir. Réuni le 23 octobre à Arles, il a défini sa stratégie. « Nous considérons que les cinq commissaires enquêteurs désignés ont été nommés de manière neutre. Nous allons jouer le jeu et leur expliquer ce que nous disons depuis trois ans », résume Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif.

Des solutions alternatives à la ligne aérienne proposées

« Nous partageons les ambitions du gouvernement de décarboner et de réindustrialiser la zone de Fos et d'y créer des emplois. Notre seul point de désaccord, mais il est essentiel et incontournable, concerne le choix de RTE de construire une ligne aérienne », poursuit Jean-Laurent Lucchesi. « Il existe des alternatives, comme une ligne souterraine. Nous l'avons proposée, et nous expliquerons sa faisabilité technique et sa viabilité économique, comme nous l'avons fait au Théâtre antique. »

Une opposition légale et coordonnée

Pendant la période d'enquête publique, le collectif mobilisera de nouveau les citoyens, organisera des réunions publiques dans toutes les communes et étendra la communication sur ce dossier aux niveaux national et européen. Aucune action de pression, manifestation ou contestation violente n'est toutefois prévue. « Nous resterons dans le cadre légal », poursuit Jean-Laurent Lucchesi.

Soutien juridique et front uni

« Nous envisageons néanmoins de solliciter des personnalités qui vivent dans la région afin de former un comité de soutien. D'un point de vue juridique, nous agirons conjointement avec les avocats du collectif, l'ACCM, le Parc de Camargue, les agriculteurs du 30, les riziculteurs... » Tout sera mis en œuvre dans le délai d'un mois, et éventuellement de quinze jours supplémentaires si les commissaires enquêteurs le jugent nécessaire, pour que l'opposition à la ligne aérienne soit massive. Il existe un front uni contre ce projet, que nous voulons imposer au plus haut niveau de l'État, « et qui est totalement rejeté par la base, quelles que soient les tendances politiques », conclut le porte-parole du collectif.