Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a qualifié les prévisions budgétaires du gouvernement pour 2027 d’« optimistes », reprenant ainsi son évaluation précédente du budget 2026. Le conseil a souligné que les hypothèses retenues par l’exécutif pour 2026 étaient particulièrement optimistes, notamment en matière de croissance de l’investissement, révisée à la baisse de 2,6 % initialement à seulement 0,1 %. Le HCFP a attribué cet écart à des facteurs externes, dont la situation internationale et la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février et liée à Donald Trump. Ce conflit a entraîné une hausse des prix de l’énergie, affectant par ricochet la performance économique. Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, a expliqué qu’une augmentation de 10 dollars du prix du baril de pétrole réduirait immédiatement le PIB de 0,1 point de pourcentage et provoquerait un recul supplémentaire de 0,1 point l’année suivante. L’économiste Michaël Zemmour, également membre du HCFP, a mis en garde contre le caractère trop optimiste de la prévision de croissance de 1 % pour 2027, notamment face aux incertitudes géopolitiques et financières persistantes. Cette estimation dépasse celles d’autres institutions, comme l’OFCE, Rexecode et la Banque de France, qui tablent respectivement sur une croissance de 0,7 % et 0,9 %. Le HCFP a également relevé que les projections du gouvernement en matière d’investissement privé sont plus favorables que ne le suggèrent les conditions actuelles, ce qui pourrait conduire à un déficit budgétaire de 5,2 % ou 5,3 %, contre les 5 % escomptés par l’exécutif. Malgré les efforts déployés par le gouvernement pour réduire le déficit, le HCFP a reconnu que la hausse des taux d’intérêt vient fragiliser ces ambitions. La France a vu ses taux d’intérêt passer de 3,3 % en février 2026 à 4,84 % au 7 octobre 2026, ce qui alourdit significativement le coût du remboursement de la dette publique. Le coût estimé du service de la dette pour 2027 s’élève désormais à 12 milliards d’euros, et pourrait encore augmenter si les taux se stabilisent autour de 5 %. Une hausse de 10 % des taux par rapport à l’année précédente ajouterait 4 milliards d’euros supplémentaires à l’endettement national. Le HCFP a également pointé du doigt d’autres postes de dépenses publiques, comme les retraites, la défense et la santé, dont l’évolution devrait rester soutenue, malgré les mesures récentes. Les retraites pourraient à elles seules coûter 9 milliards d’euros de plus, en dépit de la suppression de certaines allocations et de la désindexation des pensions hors minimum vieillesse. Les dépenses de défense devraient augmenter de 6,5 milliards d’euros en 2027, tandis que celles de la santé progressent sous l’effet du vieillissement démographique, avec un surcoût estimé à 5,5 milliards d’euros. Les ministres Roland Lescure, chargé de l’Économie, et David Amiel, responsable des Comptes publics, ont défendu leur projet de loi de finances devant la commission des Finances du Sénat.