Le programme français de prévention a réalisé près de 690 000 bilans, mais les infirmiers peinent à y participer en raison d'une faible notoriété auprès du public et de contraintes de temps.
Le programme atteint 690 000 bilans
Le programme français de bilans de prévention, lancé il y a deux ans, a réalisé près de 690 000 bilans, dont environ 45 000 chaque mois, selon un rapport de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, publié le 5 octobre. Ces résultats correspondent aux objectifs fixés par le gouvernement pour 2026, même si le programme n'est pas encore pleinement intégré à la pratique médicale.Des infirmiers peu représentés dans les bilans
Présentés comme une occasion de reconnaissance, notamment pour les infirmiers libéraux (IDEL), les infirmiers ne réalisent que 4 % des bilans, alors qu'ils représentent 43,1 % des professionnels habilités. Les médecins généralistes et les pharmaciens sont plus actifs, les pharmaciens étant en tête avec 58 % de l'ensemble des bilans.Des obstacles à la mise en œuvre
John Pinte, président du Syndicat national des infirmiers libéraux (Sniil), affirme que la faible demande des patients et les contraintes de temps constituent des freins majeurs. Les entretiens, d'une durée de 35 à 45 minutes, s'intègrent difficilement dans des emplois du temps chargés, si bien que certains infirmiers consacrent des journées spécifiques à cette activité. Toutefois, le manque de sensibilisation du public limite l'impact du programme.Des efforts pour mieux informer
Les Unions régionales des professionnels de santé (URPS), comme celle d'Occitanie, s'emploient à informer le public sur les bilans et sur le rôle des infirmiers. Elles proposent également des guides aux professionnels. Les bilans sont entièrement pris en charge par l'Assurance maladie : les infirmiers libéraux en France perçoivent 30 euros par bilan, ou 31,50 euros dans les outre-mer, auxquels s'ajoutent les frais de déplacement lorsque le bilan est réalisé au domicile du patient.Structure et objectifs du programme
Lancé en 2024, « Mon bilan de prévention » prévoit des consultations structurées entre les patients et les professionnels habilités à quatre grandes étapes de la vie : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Ces séances abordent notamment la vaccination, la prévention des maladies chroniques et les changements de mode de vie, et aboutissent à un plan de prévention personnalisé qui fixe des objectifs et recense les ressources utiles au patient.