Un rapport de **Transport & Environment (T&E)** met en lumière qu’une entreprise française achetant un camion électrique fabriqué en Europe plutôt qu’un camion diesel pourrait économiser environ 50 000 euros sur la durée de vie du véhicule. Si des camions électriques moins chers en provenance de Chine arrivent sur le marché, ces économies pourraient atteindre 85 000 euros. Le rapport souligne que, dans six des neuf principaux marchés européens de camions lourds — dont l’Allemagne, la France, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas et la Belgique — les camions électriques sont déjà moins coûteux à exploiter que les camions diesel. Cependant, ces économies dépendent largement des politiques publiques favorisant le passage aux véhicules électriques. Selon T&E, trois principaux facteurs déterminent le coût total de possession : le prix d’achat du camion, le coût de l’énergie et les péages. À la veille des élections présidentielles en France, T&E a formulé trois demandes au gouvernement. La première concerne le mécanisme d’incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC), approuvé par le Sénat mais pas encore adopté par l’Assemblée nationale. La deuxième porte sur la loi-cadre transports, adoptée par le Sénat mais toujours en attente. La troisième concerne les autoroutes à péage, notant que dans des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas, les camions à zéro ou faible émission bénéficient déjà de tarifs préférentiels. En Allemagne, les exonérations de péage peuvent presque couvrir le surcoût d’achat des camions électriques sur cinq ans, mais en France, les avantages liés aux émissions ne s’appliquent qu’aux nouveaux contrats ou aux contrats renouvelés, retardant leur impact au-delà de 2027. Le rapport précise également que ces économies doivent être considérées avec prudence, car des éléments comme le kilométrage annuel, les méthodes de recharge et la valeur résiduelle des camions électriques peuvent fortement influencer leur attractivité économique. La valeur résiduelle des camions électriques reste mal établie, avec des estimations allant de 0 à 20 %, contre 25 à 50 % pour les autres véhicules. Par ailleurs, le coût au kilomètre varie selon que le camion est rechargé la nuit dans un dépôt avec des contrats d’électricité négociés ou utilise des stations de recharge publiques à haute puissance, plus onéreuses. Au-delà des économies réalisables, le rapport souligne l’importance du soutien public, comme les aides à l’achat, les mécanismes de crédits carbone sur l’énergie et les réductions de péage. Des conclusions similaires ont été observées dans l’industrie de l’hydrogène, le consortium **H2Accelerate** affirmant que les camions à pile à combustible pourraient atteindre la parité de coût avec les diesel en Allemagne en utilisant les mêmes leviers politiques. Le même constat s’applique au **bioGNL**, qui a bénéficié de la mise en place de la THG Quote allemande, lui permettant de creuser l’écart avec le diesel et de s’imposer comme un pilier de la stratégie de décarbonation des constructeurs.