Avec la hausse des prix des carburants, l’achat d’un véhicule électrique séduit de plus en plus ceux qui cherchent à réaliser des économies. Pourtant, en France, les conducteurs qui auraient le plus à gagner de cette transition ne sont pas toujours en mesure de sauter le pas. Selon les données de Roole Data, le budget énergétique mensuel moyen pour le diesel est passé de 98 à 119 euros entre janvier et juin 2026. Pour l’essence, il atteint 137 euros, tandis que l’électrique reste autour de 46 euros. À 2,41 euros le litre de diesel, une voiture consommant 6 litres aux 100 km coûte 14,46 euros pour cette même distance. Un véhicule électrique consommant 18 kWh (ce qui est élevé) pour 100 km coûtera 3,60 euros en recharge à domicile, en supposant un tarif de 0,20 euro le kWh. Sur 15 000 km par an, la facture s’élève ainsi à 2 169 euros pour le diesel, contre 540 euros pour l’électrique : une différence de 1 629 euros sur l’énergie. Cependant, à 0,60 euro le kWh sur une borne publique, ce même véhicule électrique coûte 10,80 euros aux 100 km. Les économies par rapport au diesel tombent alors à 549 euros par an pour le même kilométrage. Il faut aussi prendre en compte l’assurance, la décote et l’éventuelle installation d’une borne de recharge. Une mensualité supplémentaire peut dépasser les économies réalisées à la pompe, même si le changement présente un avantage sur plusieurs années. Une réparation majeure imminente sur le véhicule actuel peut rendre son remplacement encore plus pertinent.
Chaque situation exige donc un calcul complet, et non une conclusion basée uniquement sur le prix du carburant. Le paradoxe est là : un conducteur contraint de parcourir de longues distances pourrait avoir beaucoup à gagner en abandonnant le diesel, mais se révéler incapable de financer ce changement. Avec notre hypothèse précédente (diesel à 2,41 euros le litre et recharge à domicile à 0,20 euro le kWh), l’écart atteint 10,86 euros aux 100 km. Si le véhicule électrique coûte 5 000 euros de plus qu’un modèle diesel équivalent, ce surcoût est amorti en un peu plus de trois ans pour 15 000 km par an. À 25 000 km annuels, il faut moins de deux ans. En revanche, pour quelqu’un qui ne roule qu’environ 8 000 km, il faudra près de six ans. Ces calculs supposent des prix de l’énergie constants et ne tiennent pas compte du financement, des différences d’entretien, d’assurance ou de valeur de revente. L’effort initial peut donc se justifier, notamment pour les gros rouleurs et ceux qui prévoient de garder leur voiture plusieurs années. Encore faut-il pouvoir assumer cette dépense sans déséquilibrer le budget du foyer.
Les véhicules électriques d’occasion modifient la donne. La décote représente un avantage concret : elle permet d’accéder à une voiture électrique dont le premier propriétaire a déjà absorbé une partie de la perte de valeur. En passant par le marché de l’occasion, l’idée n’est plus forcément de rendre rentable l’achat d’une voiture neuve plus chère, mais de trouver une électrique au prix d’une thermique d’occasion répondant aux mêmes besoins. Si les deux coûtent le même prix à l’achat, les économies sur la recharge commencent dès les premiers kilomètres, sans surcoût à compenser. Un détail important : le prix affiché et le kilométrage ne suffisent pas lors de l’achat d’une électrique d’occasion. Un rapport sur l’état de santé de la batterie (SoH, pour State of Health) permet d’évaluer sa capacité restante. Il faut aussi vérifier la garantie restante et ses conditions, l’historique d’entretien et les puissances de recharge acceptées. Sur certaines voitures électriques plus anciennes, comme la Renault Zoé par exemple, la batterie peut encore faire l’objet d’un contrat de location. Ce paiement mensuel doit alors être intégré au budget, sans quoi les économies seront surévaluées.
La location sociale, relancée depuis le 16 juillet 2026, permet aux ménages modestes de passer à l’électrique sans financer l’achat d’une voiture neuve. Le dispositif propose des baux d’au moins trois ans, avec des loyers mensuels plafonnés à 200 euros hors options et services, et même de nombreuses offres à moins de 140 euros. L’accès à ce programme dépend cependant des revenus et de l’usage du véhicule. Avec nos hypothèses, l’intérêt devient très concret. À 15 000 km par an, le diesel coûte environ 180 euros de carburant par mois, contre 45 euros en électricité (recharge à domicile). Les économies atteignent donc 135 euros par mois. Suffisant pour absorber une grande partie d’un loyer de 140 euros. Dans cet exemple, la location du véhicule et la recharge représenteraient 185 euros par mois, à peine plus que le seul carburant du diesel.
Considérations économiques et pratiques du passage aux véhicules électriques en France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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