L’industrie de l’habillement en France a connu en septembre 2026 sa pire performance en cinq ans, avec un chiffre d’affaires des ventes en magasin en baisse de 17,6 % par rapport au même mois de 2025. Ces données proviennent du panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce, qui suit plus de 70 enseignes réparties dans 10 000 magasins. Ce recul est d’autant plus surprenant que la rentrée scolaire, qui coïncide généralement avec une hausse des ventes de vêtements pour enfants – lesquels représentent jusqu’à 14 % du chiffre d’affaires annuel de ces commerçants –, n’a pas joué son rôle habituel. Les ventes de vêtements pour enfants ont ainsi chuté de 27,4 % en septembre 2026. Cette baisse des ventes s’explique principalement par deux facteurs. D’abord, septembre 2026 a été le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais enregistré depuis 1900, avec très peu de précipitations. Cela a entraîné une diminution de la demande en vêtements saisonniers, notamment pour les articles plus lourds destinés aux femmes, dont les ventes ont reculé de 45 % par rapport à l’année précédente. À l’inverse, les shorts ont vu leurs ventes progresser de 24 %, les consommateurs privilégiant des tenues plus légères. Par ailleurs, les prix de l’énergie ont augmenté de 21,2 % sur un an, réduisant le pouvoir d’achat des Français. La hausse du coût des carburants a rendu les déplacements en voiture plus onéreux, incitant les consommateurs à limiter leurs trajets vers les magasins, en particulier dans les zones dépendantes de l’accès automobile. Tous les types de points de vente ont été touchés, mais à des degrés divers. Les zones d’activité commerciale et les centres commerciaux en périphérie ont subi le recul le plus marqué, avec une baisse du chiffre d’affaires de 23,4 %. Ces espaces, très dépendants du trafic automobile, ont été particulièrement affectés par la hausse des prix de l’énergie et la baisse de la consommation. Les centres commerciaux ont également enregistré des reculs importants, avec des ventes en baisse de 16,9 % en banlieue et de 13,8 % en centre-ville. Les magasins de centre-ville en rue ont vu leurs ventes diminuer de 11,1 %, tandis que les outlets ont affiché un recul de 12 %. Paris, grâce notamment au tourisme, s’en est mieux sorti avec une baisse de 6,4 %, mais même la capitale n’a pas échappé à la tendance générale. Le segment de la grande distribution, qui représente une part importante de l’industrie textile, a enregistré un recul de 20,2 % de ses ventes en septembre. Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires des ventes en magasin a diminué de 4,7 % par rapport à la même période en 2025. Le nombre de visites en magasin a baissé de 13,3 % en septembre et de 3,8 % depuis le début de l’année. Les ventes en ligne ont également reculé de 15,9 % en septembre, avec un repli de 1,8 % depuis le début de l’année. Ces chiffres suggèrent que les consommateurs ne se contentent pas de modifier leurs habitudes d’achat, mais réduisent globalement leurs dépenses en vêtements. L’Alliance du Commerce, qui représente 16 000 magasins et 150 000 salariés, a appelé le gouvernement à rester vigilant. Yohann Petiot, son directeur général, a souligné que de nombreux commerçants ont déjà réduit leurs coûts et leurs investissements. Une nouvelle baisse aussi marquée pourrait mettre certains détaillants en difficulté. L’organisation a insisté sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs français, d’atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie et de donner aux entreprises des repères clairs pour affronter les défis économiques actuels.