Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a publié son bulletin mensuel le 8 septembre, soulignant que les niveaux des nappes phréatiques restent inférieurs à la normale. Au 1er septembre, 61 % des points de suivi affichaient des niveaux inférieurs à la moyenne pour ce mois, et 90 % de ces niveaux continuaient de baisser. Cette situation fait suite à un été inhabituel, que l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime susceptible de réduire la croissance économique d’environ 0,1 point de pourcentage en 2026. Entre mi-juin et la fin août, la France métropolitaine a connu 53 jours de vagues de chaleur, répartis en trois périodes. La troisième, qui s’est étendue sans interruption du 28 juillet au 19 août, a été particulièrement longue. À titre de comparaison, l’année 2025 avait enregistré 27 jours de canicule, tandis que le précédent record datait de 2022 avec 31 jours. L’agriculture est le secteur le plus touché par ces températures extrêmes. L’Insee prévoit un recul de 4 % du volume de la production agricole en 2026, incluant la pêche et la sylviculture, dont environ 3 points de pourcentage directement liés aux vagues de chaleur. L’agriculture représente environ 3 % du produit intérieur brut (PIB) français, et la baisse de production se traduit presque intégralement par une perte de valeur économique, affectant la croissance annuelle d’environ 0,1 point de pourcentage. Les cultures de printemps sont les plus touchées : Agreste estime que la production de maïs grain chutera à 9 millions de tonnes, soit 35 % de moins qu’en 2025. Sur ce recul, 19 % sont attribués aux vagues de chaleur, tandis que les 21 % restants s’expliquent par une réduction des surfaces cultivées. Le maïs fourrager est estimé à 11,4 millions de tonnes, en baisse de 27 % par rapport à l’année précédente. Au 20 août, la croissance cumulée des prairies permanentes était de 36 % inférieure à la moyenne de référence. La production viticole devrait atteindre environ 34 millions d’hectolitres, contre 36 millions en 2025. Si les vagues de chaleur et les sécheresses répétées ont réduit les rendements potentiels, une partie de ce déclin s’explique aussi par une diminution des surfaces cultivées, selon l’Insee. L’Insee compare cette situation à celle de la canicule de 2003, qui avait réduit la production végétale et soustrait 0,3 point de pourcentage à la croissance du PIB. L’impact des vagues de chaleur de cette année devrait être moins sévère, car les cultures d’hiver, comme les céréales à paille, ont été moins affectées par la chaleur, celle-ci étant survenue en fin de cycle de croissance. Le secteur électrique a également subi les conséquences de la chaleur. Par rapport aux mêmes périodes de 2025, la consommation d’électricité a augmenté de 4,0 % lors de la première vague de chaleur, de 5,6 % lors de la deuxième et de 3,1 % lors de la troisième. La production nationale d’électricité a progressé pendant les deux premiers épisodes (+6,2 % puis +1,3 %), mais a reculé de 2,1 % lors du troisième. Les mécanismes à l’œuvre varient. Lors de la deuxième vague, l’augmentation de la production provenait exclusivement des centrales thermiques, qui ont compensé la baisse de la production nucléaire grâce à l’apport du solaire. Lors de la troisième, l’Insee attribue le recul de la production à une diminution de la production nucléaire, partiellement compensée par les centrales thermiques à énergies fossiles et, dans une moindre mesure, par le solaire. Dans le secteur de la construction, les effets à long terme se manifestent surtout dans les travaux publics. La production industrielle française n’a pas été significativement affectée par les vagues de chaleur jusqu’en 2025. Au niveau des ménages, l’été a boosté les achats de ventilateurs, climatiseurs, boissons et glaces. Selon l’Insee, ces tendances n’ont pas d’impact majeur sur l’économie dans son ensemble. Cependant, dans le Sud-Ouest, les incendies ont entraîné une forte hausse du nombre d’employés en temps partiel. L’Insee précise que ces effets sont temporaires et ne présagent pas nécessairement d’impacts à moyen terme. Ces estimations reposent sur des données incomplètes disponibles début septembre, et d’autres répercussions ne peuvent être exclues dans des secteurs habituellement peu sensibles à la chaleur. L’Insee estime que les conditions pourraient revenir à la normale l’été prochain, avec une reprise de la production agricole en 2027. Cette reprise devrait soutenir la croissance économique à partir du quatrième trimestre 2026. Les prochains bulletins du BRGM permettront de suivre le rechargement des nappes phréatiques cet automne.