La production de pommes de terre en France en 2026 connaît un recul notable, avec des estimations faisant état d’une baisse de 22 % par rapport aux années précédentes. Selon l’Insee, l’institut national de la statistique, qui publie désormais les estimations agricoles autrefois réalisées par Agreste, cette diminution s’explique en partie par les vagues de chaleur, responsables de 9 points de pourcentage de la baisse, et par la réduction des surfaces plantées, qui contribue pour 13 points supplémentaires. Les pommes de terre représentent environ 4 % de la production agricole totale française en 2026, les fruits et légumes contribuant chacun à hauteur de 5 %, et les oléagineux à 3 %. L’Insee n’a relevé aucun impact des vagues de chaleur sur les prix à la consommation des pommes de terre. Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, avait estimé plus tôt que la production de pommes de terre de conservation et de demi-saison en 2026 atteindrait 6,5 millions de tonnes, contre 8,3 millions en 2025. Les surfaces plantées devraient diminuer de 14 %, et les rendements de 9 %, avec un rendement moyen potentiellement inférieur à 40 tonnes par hectare, l’un des plus bas depuis 1996. Toutefois, comparé à la moyenne de la période 2021-2025, la production de 2026 resterait inférieure de seulement 7,2 %. Ce recul intervient après une récolte exceptionnelle en 2025, Agreste estimant que la récolte de conservation de novembre 2025 était supérieure de près de 24 % à la moyenne 2020-2024. Le Syndicat national des producteurs de pommes de terre (UNPT) évalue cette croissance à 25 % depuis 2023. En décembre 2025, l’UNPT et la filière interprofessionnelle avaient estimé qu’un million de tonnes supplémentaires auraient pu être récoltées en France. Les prix de détail des pommes de terre ont baissé, le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) suivant les achats des ménages via le panel Myworldpanel. Du 18 mai au 14 juin 2026, le prix moyen payé en supermarché s’est établi à 1,22 euro le kilogramme, en baisse de 13,3 % par rapport à la même période en 2025. Sur ces quatre semaines, les volumes achetés en supermarché ont reculé de 7,1 %. L’Insee a relevé en juillet une diminution des prix de 4,3 % sur un an au stade de la production. Les producteurs ont réduit leurs surfaces après la surproduction de 2025, l’UNPT estimant un repli des surfaces plantées en pommes de terre de conservation de 9,7 %, soit 18 684 hectares en moins, portant le total à 173 415 hectares contre 192 099 hectares en 2025. La région Hauts-de-France concentre toujours près de 61 % des surfaces nationales. Les déficits hydriques et les épisodes de chaleur ont encore aggravé le déclin de la production. Le 24 août, l’UNPT a publié ses projections, anticipant un rendement de 37,4 tonnes par hectare pour les pommes de terre de consommation, contre 43,5 tonnes en 2025. Il s’agirait du rendement le plus bas observé depuis plus de trente ans. L’UNPT estime une baisse de production de 23 %, soit près de 2 millions de tonnes de moins qu’en 2025. Agreste souligne que les rendements pourraient être très hétérogènes selon les parcelles, les régions et les possibilités d’irrigation. Le recul ne se limite pas au marché du frais. Agreste estime que la production de pommes de terre féculières diminuerait de 17 % sur un an, principalement en raison d’une baisse de rendement d’environ 6 tonnes par hectare. La production d’amidon serait ainsi inférieure de 42 % à la moyenne 2021-2025. L’UNPT anticipe des calibres plus petits et une teneur en matière sèche variable dans la récolte, demandant aux acheteurs d’adapter leurs critères d’acceptation à la récolte 2026. L’organisation demande également que les volumes contractuels soient ajustés à la réalité de la récolte, notant qu’une partie des volumes prévus dans les contrats ne sera pas produite. L’UNPT évalue les pertes économiques des producteurs à au moins 400 millions d’euros, bien que ces estimations restent provisoires et reposent sur l’hypothèse qu’aucun événement particulier n’affectera la fin de la saison. À partir de septembre, les rendements intégreront progressivement les résultats de l’enquête Terres labourables, menée auprès d’environ 17 000 agriculteurs. Les prochaines publications d’Agreste permettront donc de préciser l’ampleur réelle du recul, un an après une récolte record.