L'historien Emmanuel de Waresquiel fait le parallèle entre les manifestations actuelles et la Révolution de 1789, pointant la mentalité consumériste des pillards et le recul des idéaux révolutionnaires.
Un historien s'interroge sur l'agitation actuelle
Emmanuel de Waresquiel, historien spécialiste de la Révolution française, soutient que l'agitation sociale d'aujourd'hui n'est pas une répétition de l'histoire, mais un phénomène différent. Il décrit les « vandales » modernes comme des consommateurs qui rejettent le capitalisme tout en attendant de lui ses avantages sans en payer le prix, ce qui révèle, selon lui, une contradiction dans leurs actes.L'agitation actuelle fait écho à 1789
La Révolution française approche de son 240e anniversaire, et pourtant elle semble renaître dans la rue. Des manifestants bloquent écoles et universités, réclament des changements dans le système d'admission à l'université et escaladent la colonne de Juillet. Certains affirment même que 2026 sera le nouveau 1789, en invoquant le passé révolutionnaire.Un historien appelle à la réflexion
Dans une tribune publiée dans Le Monde, de Waresquiel exhorte les historiens à observer l'actualité et à réfléchir à sa pertinence au regard du passé. Il relève que des signes familiers d'un régime en déclin sont visibles aujourd'hui, comme la perte de confiance du public envers les dirigeants et l'effritement des structures traditionnelles d'autorité.La révolution comme crise de l'obéissance
De Waresquiel rappelle qu'en 1789, la monarchie a perdu son autorité à mesure que l'opinion publique se retournait contre elle. Les scandales de la famille royale et la multiplication des pamphlets révolutionnaires ont conduit à un profond discrédit de la couronne. Aujourd'hui, une défiance comparable existe envers le gouvernement et ses institutions.Les parallèles modernes avec 1789
L'historien souligne que les frustrations actuelles rappellent celles du passé, notamment les difficultés économiques, l'impuissance politique et le scepticisme à l'égard des dirigeants. Il critique le président Emmanuel Macron pour son incapacité à s'adapter aux réalités politiques, et suggère que les institutions modernes, à l'image de la monarchie d'autrefois, sont elles aussi en crise.Le pillage comme symbole
Si le pillage a toujours fait partie des révolutions, de Waresquiel note qu'aujourd'hui les vandales ciblent des marques de consommation plutôt que des symboles de l'ancien régime. Cela traduit un autre système de valeurs, dans lequel les tendances du marché et la culture de consommation ont remplacé les idéaux révolutionnaires du passé.La révolution comme système de croyances
Dans son livre Il nous fallait des mythes, de Waresquiel explore la manière dont la Révolution française a créé de nouveaux symboles et de nouveaux rituels pour nourrir un sentiment d'identité nationale. Parmi eux figuraient les fêtes civiques, les serments et la cocarde tricolore, qui marquaient à la fois la rupture avec l'ancien ordre et la naissance d'une nouvelle ère politique.Une révolution moderne privée de finalité
Malgré les gestes et les slogans qui imitent le passé, de Waresquiel soutient que les mouvements actuels n'ont pas la finalité claire qui définissait les révolutions précédentes. L'objectif n'est plus d'abolir les hiérarchies sociales, mais de défendre une identité de marque, ce qui traduit une forme de mécontentement social d'un autre ordre.