Une étude publiée en mars 2025 dans The American Journal of Physiology-Renal Physiology suggère qu’augmenter l’apport en potassium dans l’alimentation pourrait être plus efficace pour contrôler la tension artérielle que de simplement réduire le sodium, selon des recherches menées par des scientifiques de l’Université de Waterloo. L’étude s’est appuyée sur un modèle de simulation reproduisant les mécanismes de régulation de la tension artérielle, incluant les interactions entre les reins, le cœur, les vaisseaux sanguins, le tube digestif, les nerfs sympathiques rénaux et les hormones. Ce modèle calcule l’excrétion urinaire, le volume sanguin et la pression qui en résulte, et il est accessible en libre accès pour permettre à d’autres chercheurs de le tester et de le valider.
Les conclusions de l’étude remettent en question les conseils cliniques établis depuis longtemps, qui privilégient la réduction du sel comme méthode principale pour gérer l’hypertension. Selon les chercheurs, augmenter le ratio potassium-sodium dans l’alimentation pourrait abaisser la tension artérielle plus efficacement que la seule réduction du sodium. Des aliments comme les bananes et le brocoli ont été cités en exemple comme sources riches en potassium à intégrer dans l’alimentation. L’hypertension touche plus de 30 % des adultes dans le monde et constitue une cause majeure de maladies coronariennes et d’accidents vasculaires cérébraux.
L’étude a également révélé des différences dans la façon dont les hommes et les femmes réagissent aux changements du ratio potassium-sodium. Les hommes semblent tirer davantage profit d’une augmentation de l’apport en potassium, tandis que les effets sur les femmes après la ménopause restent incertains. Les chercheurs ont proposé une explication évolutive, suggérant que la physiologie humaine pourrait s’être adaptée à un régime riche en potassium et pauvre en sodium, contrairement aux régimes occidentaux modernes, généralement riches en sodium et pauvres en potassium.
Il est important de souligner que les résultats de l’étude reposent sur un modèle de simulation et n’ont pas encore été testés dans le cadre d’essais cliniques sur l’homme. Les chercheurs ont insisté sur le fait qu’aucun patient n’a été recruté et qu’aucune mesure de la tension artérielle n’a été prise à l’aide d’un tensiomètre. Par conséquent, ces conclusions nécessitent une confirmation par des études sur l’homme avant de pouvoir influencer les recommandations cliniques. Les directives officielles actuelles concernant l’apport en sel restent inchangées, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandant une limite quotidienne d’environ cinq grammes de sel.
Par ailleurs, l’étude met en lumière l’importance d’obtenir du potassium à partir de sources alimentaires plutôt que de compléments, les compléments à haute dose pouvant présenter des risques, en particulier pour les personnes souffrant d’une maladie rénale chronique ou prenant certains médicaments comme les diurétiques d’épargne potassique et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC). Il est conseillé de consulter un médecin avant d’apporter des modifications importantes à l’apport en potassium dans l’alimentation.
Une nouvelle étude suggère que l'apport en potassium pourrait être plus efficace que la réduction du sel pour contrôler la pression artérielle
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