Le Rassemblement National (RN), un parti politique français, a proposé d’ajouter Olympe de Gouges, féministe et écrivaine française du XVIIIe siècle, au Panthéon, un mausolée parisien honorant les figures marquantes de l’histoire de France. La proposition, déposée par le député Jean-Philippe Tanguy, suggérerait d’inclure de Gouges aux côtés de l’abbé Charles-Michel de l’Épée et de Zéna M’Déré. Le texte a été inscrit à l’ordre du jour de la niche parlementaire du RN pour le 8 octobre. Toutefois, la décision finale d’y introniser des personnalités revient au président de la République. Olympe de Gouges est surtout connue pour sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, un texte qui défendait les droits des femmes et l’égalité. L’historienne Catherine Marand-Fouquet, qui milite depuis longtemps pour son entrée au Panthéon, estime que les valeurs de de Gouges – telles que l’humanisme et l’universalisme – s’opposent fondamentalement à celles du RN. Elle y voit une tentative du parti de se « dé-diaboliser » en s’associant à son héritage. La journaliste et chercheuse Sylvia Duverger souligne que Marine Le Pen, dirigeante du RN, tente de s’approprier la figure de de Gouges depuis plus de dix ans. Cela inclut des références à son œuvre dans des débats politiques ou le choix de donner à sa nièce le prénom de l’écrivaine. Duverger rappelle aussi que de Gouges critiquait dans ses écrits « l’intérêt injuste des blancs », comme dans Réflexions sur les hommes nègres, une position éloignée des orientations du RN sur les questions raciales. Le Code noir, une loi historique française ayant institutionnalisé l’esclavage, avait d’ailleurs fait l’objet de ses critiques. Cette proposition a suscité un débat. Certains estiment que l’entrée de de Gouges au Panthéon était depuis longtemps attendue. Marand-Fouquet rappelle que, dans les années 1980, elle avait plaidé pour l’inclusion de femmes au Panthéon, mais avait rencontré une forte résistance. Un rapport des Monuments nationaux de 2013 avait suggéré d’ajouter de Gouges, mais l’inclusion de figures de la Résistance en 2015 avait alors pris le pas. Les détracteurs du RN soulignent que les valeurs du parti restent proches de l’extrême droite, notamment en matière d’opposition aux politiques féministes et aux réformes sociales. Certains commentateurs estiment que le parti serait plus cohérent en promouvant des figures comme Brigitte Bardot, bien que d’autres contestent cette idée en raison des déclarations et des liens controversés de l’actrice.